Coronavirus : quand le confinement réveille des inspirations littéraires enfouies...

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(Photo d'illustration.) 4:09
(Photo d'illustration.) © VINCENT KESSLER / POOL / AFP
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Caroline, gérante d'un théâtre axé sur la poésie pendant 18 ans et auteure, a contacté Christophe Hondelatte pour raconter la manière dont le confinement a débloqué son inspiration.
TÉMOIGNAGE

"Je suis convaincu qu'il va sortir de cette période de confinement de la littérature", s'enthousiasme Caroline. Ancienne gérante d'un théâtre, auteure de deux romans et de plusieurs recueils de poésie, elle a appelé le 3921 pour témoigner, sur Europe 1, la manière dont elle vit son confinement, suite à la propagation de l'épidémie de coronavirus. Caroline s'est re-penchée sur un début de livre qu'elle avait commencé il y a quelques années. Un texte qu'elle avait alors appelé Dedans, dehors, comme elle l'explique au micro de Christophe Hondelatte. Et qui résonne surtout particulièrement avec la situation actuelle. 

"Je ne suis pas quelqu’un du dedans. Je ne suis pas quelqu’un de l’intérieur. Il faut que je sorte, que je sois dehors, que je sois à l’extérieur. Je ne sais pas habitée dans la maison. Il faut que je traîne dehors. Je ne suis pas comme les grandes personnes qui restent dans les maisons, je suis comme les enfants qui jouent dehors, je suis comme le héros de Duras, des journées entières passées dans les arbres", écrivait ainsi Caroline il y a des années. Ou encore : 

"Je me sens bien dans les rues, les chemins. Peut-être que cela vient de l’enfance, dans ces maisons où il n’y avait pas de séparation entre le dedans et le dehors. On entrait, on sortait comme on voulait. On entrait à nouveau sans prévenir personne, sans protocole d’accord, d’accueil ou de départ. Nous, les enfants, on était tout le temps dehors. On changeait souvent de maison, ce qui fait qu’on n’en habitait aucune. Le monde était à nous. Alors, une maison…"

"Et pouf, le confinement "!

Mais au fil des ans, Caroline avait oublié ce projet littéraire. "Je patinais un peu", reconnait-elle, "j'avais écrit pas mal de choses mais je tournais un peu en rond". "Et pouf", s'exclame-t-elle, "le confinement ! Je me suis dit 'il y a un truc là, c'est quand même bizarre !'". L'inspiration est revenue, assure-t-elle. L'élan littéraire qu'elle pressent parfois chez les autres s'est de nouveau emparé d'elle. Jugez plutôt :

"C’est une farce ! C’est une fable ! Eh bien, plus besoin de se poser de questions. Dedans ? Dehors ? Super ! On choisit pour toi, c’est dedans. Cela mérite une petite explication. Je ne sais comment parler de ce qui nous arrive. Nous vivions heureux sans se poser trop de questions, enfin nos petites questions habituelles que l’on croyait existentielles. Dedans ? Dehors ? Et puis, ça nous est tombé dessus. Personne ne s’y attendait, personne ne comprend rien de comment s’est arrivé ni pourquoi maintenant est arrivée la pandémie."

Caroline va désormais pouvoir consacrer plus de temps à son ouvrage. Et peut-être croiserons-nous Dedans-Dehors dans les rayons des librairies, une fois que l'on pourra se sentir de nouveau "bien dans les rues". 

Europe 1
Par Maxime Dewilder