Comment Roberto Alagna a découvert à 15 ans qu'il était ténor (et que c'était de famille)

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Privé de concerts à cause de la crise sanitaire, Roberto Alagna publie néanmoins un nouvel album, "Le chanteur". À cette occasion, le ténor revient sur sa carrière dans l'émission d'Anne Roumanoff et explique comment il a découvert sa voix.
INTERVIEW

Comment se rend-on compte que l'on possède une voix hors norme ? Pour le chanteur Roberto Alagna, la confirmation a eu lieu à 15 ans, après plusieurs années de doutes. Cet épisode, qui a évidemment marqué le reste de sa vie, lui a permis de redécouvrir son histoire familiale, comme il l'explique à Anne Roumanoff dans l'émission Ça fait du bien.

Une révélation née d'un reproche

Roberto Alagna chantait avant de savoir qu'il avait une voix hors du commun. Mais alors qu'il avait 15 ans, ses camarades de jeu lui reprochaient de chanter trop fort et l'ont envoyé vers Raphaël Ruiz, professeur de chant. "Lorsque je suis arrivé chez lui, je lui ai chanté une chanson. Et puis il m'a dit 'Attends, pose ta guitare'. Il a commencé à me faire des gammes au piano et j'ai commencé à chanter", se souvient-il. La réponse du professeur de chant est alors immédiate : "Tu es ténor."

Une révélation pour Roberto Alagna, et le début d'une carrière qui va changer sa vie. "Il m'a dit ça, c'était le paradis qui s'ouvrait à moi", explique-t-il. Le chanteur se comparaît jusque-là aux ténors déjà présents dans sa famille. "J'avais l'impression d'être le dernier wagon de la voix. Je trouvais que j'étais le moins doué, mais c'était normal puisque j'avais 15- 16 ans", explique-t-il. On ne peut pas avoir encore une voix de ténors formée à cet âge, cela n'arrive que deux ou trois ans plus tard."

Un aïeul protégé grâce à sa voix

Roberto Alagna avait déjà des ténors dans sa famille maternelle, notamment son grand-oncle. Mais en apprenant son don, il a également redécouvert l'histoire de son arrière grand-père. "Il était à New York, il avait un commerce de cuir dans Little Italy. À l'époque, il fallait payer la protection de son commerce à la mafia", rappelle-t-il. "Mon arrière grand-père chantait dans les réunions mafieuses, et comme ça il n'avait pas à payer cette protection."

Contrairement à lui, son aïeul n'a cependant pas fait carrière. "Il était ami avec le Caruso [célèbre ténor italien], qui a voulu le présenter au Metropolitan Opera de New York", raconte Roberto Alagna. "Mais il a décliné l'offre, en disant qu'il préférait rester avec sa famille et son magasin." Preuve que le don coule dans le sang de la famille Alagna, le fils de son arrière-grand-père a lui aussi connu une carrière de ténor.

Europe 1
Par Alexis Patri