Cinémas, théâtres, salles de concert : comment la culture s'adapte au couvre-feu

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Cinémas et théâtres doivent s'adapter au couvre-feu à 21 heures. 1:50
Cinémas et théâtres doivent s'adapter au couvre-feu à 21 heures. © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
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Avec le couvre feu à 21 heures qui touche l'Île-de-France et huit métropoles françaises, le secteur de la culture doit s'adapter. Les cinémas ouvrent donc plus tôt, les théâtre organisent parfois deux représentations par jour le week-end, et les concerts se décalent en fin d'après-midi.

"Tout le monde va s'adapter." Voilà comment le Premier ministre, Jean Castex, a balayé tous les espoirs vendredi du secteur de la culture. Celui-ci souhaitait avoir une dérogation par rapport à l'entrée en vigueur du couvre-feu à 21 heures destiné à lutter contre la propagation du coronavirus. Cinémas, théâtres, salles de concert... tous auraient aimé pouvoir terminer les représentation à cette heure-là et que les spectateurs puissent ensuite rentrer chez eux directement, leur billet faisant foi. 

Au cinéma dès 8 heures du matin

Finalement, ce ne sera pas le cas et la culture, déjà fragilisée par la crise économique, doit donc bel et bien s'adapter. Pour compenser l’absence de séances du soir, les cinémas MK2, qui comptent 26 établissements à Paris, projetteront des films dès 8 heures du matin. Le couvre-feu touche en effet 50% du marché français du cinéma, puisque c'est surtout le soir que les spectateurs se précipitent dans les salles obscures. L’autre solution de secours, c’est d’avancer la dernière séance pour être sûr que les spectateurs soient chez eux à 21 heures.

Côté musique, c'est pareil. La chanteuse Jeanne Added, par exemple, sera sur scène à 18 heures ce soir. S’il est difficile d’imaginer aller à un concert de rock à 11 heures du matin, c’est un horaire plus envisageable pour voir une pièce de théâtre. Ainsi, Richard Berry a prévu de jouer sa pièce Plaidoiries deux fois par jour le week-end au théâtre libre : une fois le matin, une autre l'après-midi. 

"On n'est jamais résignés"

"Dans le milieu du spectacle, on n’est jamais résignés, on n’est jamais abattus", assure Bertrand Thamin, président du Syndicat national des théâtres privés. "On va continuer à se battre. On espère beaucoup qu'une partie des spectateurs se reporte sur le week-end et on espère aussi qu'ils accepteront de venir plus tôt."

La journée type d’un passionné de culture devient donc : séance de cinéma à 8 heures, pièce de théâtre à 11 heures, avant de filer dès 18 heures dans une salle de concert. 

Europe 1
Par Angèle Chatelier, édité par Margaux Baralon