"Astérix et Obélix" : grandeur et décadence au cinéma

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Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre est sans nul doute l'adaptation cinématographique la plus populaire de la saga des Gaulois.
Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre est sans nul doute l'adaptation cinématographique la plus populaire de la saga des Gaulois. © Pathé Distribution
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Les quatre adaptations en chair et en os des aventures d'"Astérix et Obélix" au cinéma n'ont connu ni la même genèse, ni le même succès. Les budgets, eux, ont explosé.

Pas besoin d'avoir dévoré toutes les BD pour apprécier Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre. Le film, rediffusé mardi soir à 21 heures sur TF1, a connu un véritable succès populaire. Ce qui n'a pas toujours été le cas des adaptations au cinéma des aventures des deux Gaulois imaginés par Goscinny et Uderzo. Europe 1 vous propose un petit retour en arrière.

Astérix et Obélix contre César (1999)

Avec neuf millions de spectateurs, la première adaptation cinématographique d'Astérix et Obélix a réussi l'exploit de devancer Tarzan et Star Wars : La Menace Fantôme au classement des films les plus vus de l'année 1999. Ce succès, on le doit au réalisateur Claude Zidi, aux manettes des très populaires L'Aile ou la CuisseLes Sous-doués ou Les Ripoux. Au casting, on découvre le duo le plus efficace des Astérix et Obélix, Christian Clavier et Gérard Depardieu, mais aussi des acteurs cinq étoiles, comme Roberto Begnini, Michel Galabru, Pierre Palmade ou Laetitia Casta.

Le budget d'Astérix et Obélix contre César, avoisinant les 42 millions d'euros, en a fait à l'époque le film français le plus coûteux jamais réalisé (il a depuis été dépassé, notamment pas les suites successives de la saga Astérix et Obélix). 

Pour autant, ce qui semble être un vrai succès sur le papier n'a pas été confirmé par les critiques des professionnels, pour le moins mitigées. Un scénario jugé "faiblard", des effets spéciaux souvent pas à la hauteur… Résultat, cette comédie franchouillarde obtient sur le site spécialisé Allociné une note spectateurs de 2 sur 5. Pas terrible.

Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre (2002)

Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre est sans nul doute l'adaptation cinématographique la plus populaire de la saga des Gaulois. Porté à la réalisation par l'humour du génial Alain Chabat, le film se dote d'un casting comique exceptionnel. On retrouve avec plaisir le duo Clavier-Depardieu, accompagné de Jamel Debbouze en "Numérobis", un architecte égyptien qui se voit confier par Cléopâtre (incarnée par Monica Bellucci, excusez du peu) la mission de construire un sublime palais pour César (sous les traits de Chabat lui-même)… le tout en un temps record.

Au box-office, Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre est un véritable succès, avec plus de 14 millions d'entrées, ce qui le place au quatrième rang des films français au box office national et au premier rang des films de l'année 2002. Quinze ans après, son succès ne se dément pas. Et à chaque rediffusion à la télévision, les téléspectateurs sont au rendez-vous.

Astérix aux Jeux olympiques (2008)

Le défi était de taille pour Astérix aux Jeux olympiques. Six ans après le succès critique et populaire d'Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre, Frédéric Forestier et Thomas Langmann, nouveau duo à la réalisation, doivent produire une suite à la hauteur. Premier obstacle : Christian Clavier ne rempile par pour un troisième film. C'est désormais Clovis Cornillac qui incarne Astérix, auprès de l'indéboulonnable Gérard Depardieu. À l'écran, le binôme peine à séduire. La présence au casting de Benoît Poelvoorde et Alain Delon en acteurs secondaires ne parvient pas à susciter l'enthousiasme. Ni même les courtes apparitions de sportifs de renom, comme Michael Schumacher, Jean Todt, Zinédine Zidane, Tony Parker ou Amélie Mauresmo.

Avec un budget de 78 millions d'euros, Astérix aux Jeux olympiques est à l'époque le film le plus cher de l'histoire du cinéma français. Si l'équipe du film espérait 11 millions d'entrées pour rentrer dans ses frais, "seuls" 6,8 millions de spectateurs se sont finalement rendus dans les salles obscures. Au-delà de ces mauvais chiffres, Astérix aux Jeux olympiques obtient surtout la plus mauvaise réception critique de la série. À oublier.

Astérix et Obélix : Au service de Sa Majesté (2012)

Après l'échec cuisant du dernier opus, il faut rebondir. Le réalisateur Laurent Tirard, qui avait déjà transposé au cinéma - et avec succès - une œuvre de René Goscinny, Le Petit Nicolas, est choisi pour ce challenge. Le film est un mix de deux BD, Astérix chez les Bretons et Astérix et les Normands. Le visage du petit Gaulois blond change une troisième fois, et prend cette fois les traits d'Edouard Baer (qui était déjà apparu dans Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre). Gérard Depardieu reste fidèle au poste. 

Une fois n'est pas coutume, le casting rassemble la fine fleur de la comédie française : Guillaume Gallienne, Vincent Lacoste, Valérie Lemercier, Fabrice Luchini, Catherine Deneuve, Jean Rochefort ou encore Gérard Jugnot. Et comme pour le précédent opus, cette accumulation de célébrités ne permet pas de sauver le film en salles. L'échec est retentissant : 3,8 millions d'entrées en France. Ce qu'on appelle un gros gadin. D'autant que l'équipe avait revu ses ambitions à la baisse, n'espérant que 6 millions de spectateurs pour amortir l'investissement.

Europe 1
Par A.H.

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