ARCHIVE EUROPE 1 - Albert Uderzo raconte la naissance d'Astérix, "en un quart d'heure"

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Albert Uderzo, le dessinateur d'Astérix, s'est éteint à l'âge de 92 ans. Invité d'Europe 1 en 2008 à l'occasion de la sortie de son livre "Uderzo se raconte", il s'était confié sur la naissance du personnage qu'il avait créé avec René Goscinny.

Le monde de la BD pleure l'un de ses grands dessinateurs. Albert Uderzo, créateur avec René Goscinny du personnage d'Astérix, est décédé mardi à l'âge de 92 ans. Invité d'Europe 1 en 2008 à l'occasion de la sortie de son livre Uderzo se raconte, il était notamment revenu sur la genèse d'Astérix, oeuvre qui s'est écoulée depuis à plus de 380 millions d'albums à travers le monde, dans plus d'une centaine de langues.

Une BD pour le magazine "Pilote" 

Aussi étonnant que cela puisse paraître, Uderzo et Goscinny ont eu l'idée d'Astérix en seulement "un quart d'heure". En 1959, alors que le duo participe au lancement du magazine Pilote, il a "toute liberté" pour traiter un "sujet culturel français". "François Clauteaux, l'homme derrière cet hebdomadaire consacré à la BD, voulait un journal composé exclusivement de culture française", racontait le dessinateur au micro d'Europe 1. "Il était gêné de voir ses enfants lire des BD américaines".

Uderzo et Goscinny se mettent alors à plancher sur une idée : adapter en BD les romans de Renart, des récits animaliers médiévaux en vers. Mais deux mois avant la sortie du premier numéro de Pilote, ils sont "arrêtés en chemin par un ami, Raymond Poïvet, qui [leur] a dit que c'était en cours de réalisation par un autre dessinateur", racontait Uderzo sur Europe 1. Une véritable "catastrophe". Paniqué, le duo doit très rapidement changer son fusil d'épaule, et se réunit dans l'appartement d'Uderzo pour réfléchir. 

"Un quart d'heure" pour imaginer les fondements d'Astérix

Voulant toujours se servir de l'Histoire comme toile de fond de leur BD, ils ont alors l'idée des Gaulois, "parce que quoi de plus français ?" expliquait Uderzo. "En un quart d'heure, on avait tout imaginé : le druide, le barde, et les noms qui se terminent par 'ix' à cause de Vercingétorix".

Quant au nom Astérix, on pourrait croire qu'il a un lien avec le symbole (*), mais ce n'est pas du tout le cas. "C'était une coquetterie de René Goscinny. À ce moment là, il y avait des encyclopédies de BD, et avec un personnage dont le prénom commençait par un 'A' on était sûr qu'il allait être dans les premiers de la pagination", se souvenait le dessinateur. "Comme quoi, vous voyez jusqu'où va la coquetterie d'un auteur." 

Cinq choses que vous ne savez peut-être pas sur Albert Uderzo

Europe 1
Par Ugo Pascolo