Miles Davis, "le jazz face à sa légende" à La Villette

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Ariane Schwab , modifié à
Sous le titre We want Miles, la Cité de la Musique de Paris consacre une exposition au virtuose disparu il y a dix-huit ans.

A quelques semaines de sa disparition, le 28 septembre 1991, Miles Davis égrenait encore ses notes à La Villette. Quatre ans plus tard était inaugurée la Cité de la Musique qui rend aujourd'hui hommage au génie du jazz. L'exposition We want Miles reprend le titre de l'album live qui a marqué le come-back du musicien, en 1981, pour retracer le parcours d’un créateur de légende.

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Les grandes périodes de la carrière de Miles Davis sont présentées à travers des objets dont bon nombre n'ont jamais été montrés au public : des films, des partitions originales manuscrites, des costumes de scène... Et surtout beaucoup de photos. De petites chambres d'écoute ovoïdes ont été disposées tout au long de l’exposition pour permettre au public de découvrir les oeuvres les plus emblématiques de l’artiste. On peut se faire prêter un casque par le musée ou brancher le sien.

Miles Davis est né le 26 mai 1926 dans l'Illinois. Enfant de la bourgeoisie noire, il a grandi à East St. Louis entre un père chirurgien-dentiste qui lui inculque la fierté raciale et une mère qui prône l’intégration à la société blanche. Joueur de trompette, il développe rapidement une admiration pour le be-bop, avant-garde du jazz, dont il rencontre les chefs de file, Dizzy Gillespie et Charlie Parker. Il retrouve Parker ce dernier à New York et devient son trompettiste attitré. Il se fait rapidement un nom et s'impose comme un "moderniste" dans le milieu. En réaction au cool jazz, il creuse le sillon du hard bop.

En 1957, il enregistre en Europe la musique du film Ascenseur pour l’échafaud. René Urtreger, son pianiste de l'époque, se souvient au micro de Thierry Geffrotin pour Europe 1 :

En 1968, confronté aux artistes montant du rock, Jimi Hendrix, James Brown ou Sly Stone, le génie créatif de Miles Davis est de nouveau défié. En émerge ce que l'on appellera le "jazz-rock". Il épouse Bette Davis. Deux ans plus tard, c'est le funk qui hypnotise les foules. Toujours sur la brèche, le trompettiste branche alors une pédale wha-wha sur son instrument et adopte l’orgue électrique. Mais en 1975, épuisé par plusieurs opérations, des déboires sentimentaux et divers excès, Miles Davis plonge dans la dépression. Il n'en sortira qu'en 1981. Son oeuvre s'imprègnera alors de la pop ambiante sans perdre de vue le blues.

Miles Davis n'acceptera qu'une fois de se retourner sur son passé. En 1991, au festival de Montreux, il rejoue les partitions des années 1950 et à La Villette, il renoue avec d’anciens compagnons de route. Il s’éteindra peu après à l'âge de 65 ans, le 28 septembre.

We want Miles,du 16 octobre 2009 au 17 janvier 2010.
Cité de la musique
221, avenue Jean-Jaurès 75019 PARIS

Pour voir le teaser de l'exposition.