Coupe du monde : le naufrage d'une Allemagne en fin de cycle

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Thomas Müller (au centre) et les Allemands quittent le Mondial russe par la petite porte.
Thomas Müller (au centre) et les Allemands quittent le Mondial russe par la petite porte. © Jewel SAMAD / AFP
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L'Allemagne s'est inclinée face à la Corée du Sud, mercredi (2-0), et termine dernière de son groupe après un Mondial raté.

LE RÉSUMÉ DU MATCH

La malédiction du champion du monde a encore frappé. Après la France en 2002, l'Italie en 2010 et l'Espagne en 2014, les Allemands sont éliminés du Mondial 2018, quatre ans après leur sacre brésilien. Mercredi, l'expérimentée Mannschaft a quitté la Russie après sa défaite contre la Corée du Sud (0-2), tandis que la Suède a décroché son billet pour les huitièmes de finale en écrasant le Mexique (3-0), également qualifié.

Ils avaient leur destin en main. Les champions du monde, auteurs d'une campagne de qualification parfaite (dix matches pour dix victoires), avaient pourtant leur destin en main avant cette rencontre : avec trois points en poche, comme les Suédois, il leur suffisait de s'imposer face à des Coréens déjà éliminés pour valider leur ticket pour les huitièmes de finale. Avec la large victoire suédoise, un succès net leur aurait même permis de terminer à la première place du groupe, quasiment impensable après la défaite inaugurale contre le Mexique (0-1).

La Corée a porté l'estocade dans le temps additionnel. Face à une valeureuse équipe de Corée du Sud, les Allemands ont donc tout tenté, ou presque, pendant 90 minutes. Au total, ils ont tiré 23 fois au but, mais le gardien Cho a réussi à repousser les multiples assauts des hommes de Joachim Löw. Et dans le temps additionnel, alors que les Allemands livraient leurs dernières forces dans cette bataille, les Coréens ont réussi à inscrire les deux buts de la victoire, par Kim (1-0, 90+3) et Son (90+6), qui ont définitivement enterré les espoirs des tenants du titre.

Jamais éliminée en phase de groupes auparavant. Avec cette dernière place du groupe F, l'Allemagne quitte le Mondial russe par la petite porte. Jamais la Mannschaft n'avait été éliminée à ce stade de la compétition, en 19 participations à une Coupe du monde. Une contre-performance historique pour une nation habituée à élever son niveau de jeu en compétition internationale.

Du changement à la tête de la sélection ? Si la Fédération déclarait avant la rencontre que "personne mieux que lui ne peut gérer la reconstruction qui sera indispensable après le Mondial, quoi qu'il arrive", Joachim Löw va-t-il rester à la tête de la sélection après un tel échec ? "Il est trop tôt pour moi pour répondre, il faut quelques heures pour y voir clair, la déception est très profonde en moi… On va devoir mener des discussions demain, on verra comment ça continue", évacuait le sélectionneur encore sonné quelques minutes après la rencontre : "Bien sûr, c'est de ma responsabilité."

Les choix de Löw remis en question. Car cette défaite, c'est aussi celle des choix du sélectionneur de cette Mannschaft qui avait déjà montré ses limites il y a deux ans, à l'Euro 2016 (défaite en demi-finale contre la France, 0-2). Il a ainsi choisi de se passer du jeune ailier Leroy Sané, rapide et percutant, un profil qui a manqué face au bloc coréen, mercredi. Mesut Özil, hors du coup dès le premier match, a été titularisé pour le match de la dernière chance contre la Corée du Sud. D'autres cadres de la sélection, Sami Khedira et Thomas Müller notamment, sont totalement passés à côté de leur Mondial malgré la confiance que le sélectionneur leur a témoignée. Mercredi, à Kazan, c'était aussi le crépuscule de cette génération sacrée il y a quatre ans.