Coupe du monde : l'Allemagne confirme la malédiction des tenants du titre

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L'Allemagne face à la Corée du Sud (1280x640) SAEED KHAN / AFP
Les Allemands Mario Gomez et Mats Hummels se tiennent la tête à deux mains, mercredi, face à la Corée du Sud. © SAEED KHAN / AFP
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L'Allemagne, éliminée mercredi après sa défaite contre la Corée du Sud, confirme une tendance lourde : les tenants du titre ont du mal à confirmer.

ANALYSE

Elle faisait, avec le Brésil, office de grandissime favorite au titre mondial, le 15 juillet prochain. Mais l'Allemagne, tenante du titre, ne verra même pas les huitièmes de finale. La Nationalmannschaft a été éliminée dès la phase de groupes, mercredi, à Kazan après son revers surprise face à la Corée du Sud (2-0). Cette sortie de route, inattendue, marque sans doute la fin d'une génération dorée et vient traduire une tendance lourde : sur les cinq dernières Coupes du monde, le vainqueur sortant a été éliminé quatre fois dès le premier tour. Petit rappel de ces immenses déceptions de champions.

2002 : la France erre sans but. L'équipe de France avait à l'époque les meilleurs buteurs des championnats de France (Djibril Cissé), d'Angleterre (Thierry Henry) et d'Italie (David Trezeguet) mais cela n'avait pas suffi aux héritiers de France 1998 pour voir la phase finale. La Coupe du monde 2002 disputée sous les ordres de Roger Lemerre avait tourné au calvaire. Les Bleus, qui avaient eu l'honneur du match d'ouverture, avaient chuté d'entrée contre le Sénégal (1-0). Lors de la deuxième rencontre, contre l'Uruguay (0-0), Thierry Henry avait vu rouge. Condamnée à l'exploit face au Danemark et suspendue à l'état de la cuisse de Zinédine Zidane, la France avait été battue 2-0. Un point et zéro but marqué, circulez !

2010 : l'Italie, le piège du groupe "facile". Si le Brésil, vainqueur du Mondial en 2002, avait réussi à passer le premier tour quatre ans plus tard (avant d'être éliminé par la France en quarts de finale, ce qui a tout d'une contre-performance pour la Seleçao), l'Italie de Gianluigi Buffon, sacrée en 2006, avait elle aussi échoué dans les grandes largeurs en 2010. Son groupe avait pourtant tout d'un cadeau : Paraguay, Nouvelle-Zélande et Slovaquie (trois pays qui, vous l'aurez noté, ne sont pas en Russie). Mais, tenue en échec par le Paraguay lors de son entrée en lice (1-1) puis à nouveau par la Nouvelle-Zélande (1-1), la Nazionale a manqué le quitte ou double lors de la dernière rencontre, face à la Slovaquie, avec une défaite 3-2. Arrivederci !

2014 : l'Espagne, la Roja fessée par les Oranje. Après avoir gagné l'Euro 2008, le Mondial 2010 et l'Euro 2012, l'Espagne se présente au Brésil avec un statut logique de favori. Mais la Roja va prendre un carton d'entrée : 5-1 face aux Pays-Bas, futurs troisièmes de la compétition, après avoir mené 1-0… Dos au mur dès son deuxième match, les joueurs de Vicente del Bosque boivent la tasse contre le Chili, qui l'emporte 2-0. Avant même la dernière rencontre, le sort de la Roja est scellé, et le succès 3-0 acquis face aux Australiens lui permet simplement de ne pas finir fanny. Malgré cet échec retentissant, Del Bosque reste à son poste. Il partira en 2016. L'avenir du sélectionneur est souvent au centre des débats après ces entrées manquées et ces sorties prématurées. Celui du sélectionneur de l'Allemagne, Joachim Löw, qui a prolongé son contrat juste avant le Mondial jusqu'en 2022, ne devrait pas faire exception.

 

En 1950 et en 1966 aussi. À deux autres reprises dans l'histoire, le tenant du titre n'avait pas passé le premier tour, mais c'était à une autre époque. En 1950, l'Italie, championne du monde douze ans plus tôt, en 1938 (Il n'y a pas eu de Mondial en 1942 et 1946 en raison de la Seconde Guerre mondiale) n'avait pas passé le premier tour d'un Mondial à treize équipes seulement. En 1966, c'est le Brésil de Pelé, double tenant du trophée, qui avait mordu la poussière d'entrée. Battue par la Hongrie, la Seleçao avait ensuite subi la loi du Portugal lors d'un match très engagé, à une époque où les cartons n'existaient pas.