Saison 2018 de Formule 1 : l'année de la France

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Saison 2018 de Formule 1 : l'année de la France
Pierre Gasly, Esteban Ocon et Romain Grosjean (de g. à dr.) représenteront les couleurs de la France en 2018.@ JOSE JORDAN / AFP
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Trois pilotes sur la grille, une écurie, un motoriste et même à nouveau un Grand Prix : la France est à l'honneur lors de la saison qui débute en Australie.

Entre la F1 et la France, c'est un peu "Je t'aime moi non plus". Le pays a fourni à la discipline un immense champion (Alain Prost), des pilotes chevronnés (Jacques Laffite, René Arnoux, Jean Alesi, Olivier Panis…), des talents trop tôt disparus (François Cevert, Jules Bianchi…), plusieurs circuits (Reims, Rouen, Dijon, Magny-Cours…), mais l'intérêt pour la discipline s'est clairement essoufflée ces dernières années. Peut-être parce qu'aucun Grand Prix n'y a été organisé depuis 2008 et qu'aucun Français n'a gagné depuis… 1996. Mais la saison 2018, qui débute cette semaine en Australie, pourrait changer la donne car la France y est présente à tous les étages.

Le plus gros contingent de pilotes. L'Espagne, l'Allemagne, la Finlande… Vous n'y êtes pas, c'est la France qui présente le plus gros contingent de pilotes sur la ligne de départ de la saison 2018 de F1, dont la première course aura lieu dimanche en Australie. Esteban Ocon, 21 ans, va entamer sa deuxième saison complète chez Force India. Après neuf Grands Prix dans la modeste écurie Manor en 2016, Ocon a passé la deuxième chez Force India, écurie satellite de Mercedes. Sur 20 courses, Ocon a terminé 18 fois dans les points, faisant la démonstration d'une belle régularité et d'un sacré tempérament aussi, comme l'ont montré ses nombreuses passes d'armes avec son coéquipier Sergio Perez la saison dernière. "Ma carrière est gérée par Mercedes, donc mes patrons me fixent des objectifs pour cette année et je dois les respecter", a confié le pilote français au site Motorsport. "Je pense que si je fais du très bon travail, il y aura toujours beaucoup d'opportunités, mais pour l'instant, je suis pleinement concentré sur Force India et c'est ce qui est important."

Esteban Ocon en essais (960x640) LLUIS GENE / AFP

Esteban Ocon cet hiver LLUIS GENE / AFP


Les ambitions de Romain Grosjean seront logiquement moins élevées. L'expérimenté pilote tricolore, 31 ans et 122 Grands Prix au compteur, va effectuer sa troisième saison au volant de la Haas. Même si la monoplace américaine lui a "procuré de très bonnes sensations" lors des essais hivernaux, comme il l'a expliqué à F1i.fr, il est difficile d'imaginer le Franco-Suisse lutter pour le podium. Enfin, Pierre Gasly, 22 ans, va enchaîner avec Toro Rosso. Après cinq courses en fin de saison dernière, il sera à nouveau l'un des deux pilotes de la "deuxième" écurie Red Bull, désormais motorisée par Honda et non plus par Renault. Et, comme les autres jeunes pilotes, Pierre Gasly ne manque d'ambition. "À terme, l’objectif est aussi de passer chez Red Bull, donc pour moi c’est clair : je veux battre mon coéquipier (l'Australien Brendon Hartley) cette saison", a-t-il confié au quotidien Ouest-France. Enfin, à ce contingent hexagonal, on pourrait ajouter le rookie monégasque Charles Leclerc, 20 ans, qui fera ses débuts en F1 chez Sauber, après avoir usé ses premières roues sur le circuit de karting du père de Jules Bianchi, qui était ami avec son père mort l'an passé. 

Une écurie en progression. Revenu en F1 en tant qu'écurie à part entière en 2016, Renault a souffert, avec 8 malheureux points marqués (9ème du classement des constructeurs). La saison dernière a été bien plus probante, avec 57 unités et une 6ème place au classement des constructeurs. La marque au losange espère franchir encore un cap en 2018, avec pourquoi pas un podium. Elle s'est en tout cas donnée les moyens de ses ambitions avec un duo de pilotes expérimentés et performants, l'Allemand Nico Hülkenberg et l'Espagnol Carlos Sainz Jr, qui a pu avoir la voiture en mains sur les quatre derniers Grands Prix de 2017.

Écurie Renault 2018 (960x640) CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Cyril Abiteboul (directeur de Renault Sport), Niko Hulkenberg, Alain Prost, Carlos Sainz Jr et Sean Bratches (directeurs des opérations commerciales) CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP


"Claironner des objectifs précis, pour moi, ça ne sert à rien", a assuré Alain Prost, ambassadeur de Renault, au quotidien Nice-Matin. "Tout simplement parce que la course automobile, ça ne marche pas ainsi." Sûr néanmoins que Renault signerait pour être la quatrième force du plateau derrière les monstres Mercedes, Ferrari et Red Bull.

Renault au soutien de McLaren. Un long chemin de croix. Voilà à quoi a ressemblé la saison 2017 de l'écurie britannique, dont l'association avec le motoriste japonais Honda a été un flop monumental (aucun podium en trois saisons). Pour repartir du bon pied, les Orange ont décidé de changer de motoriste et d'opter pour le français Renault, qui équipe déjà les Red Bull (pour des raisons contractuelles, le moteur sera identifié cette saison comme Tag Heuer, mais ce sera bien un moteur Renault sous le capot).

Chez McLaren, les essais hivernaux ont été marqués par plusieurs problèmes techniques mais aussi par quelques performances chronométrées très encourageantes. Écurie mythique de la F1 s'il en est, McLaren, qui attend sa première victoire depuis 2012, pourra compter sur un solide duo de pilotes, avec le Belge Stoffel Vandoorne et l'Espagnol Fernando Alonso, qui devra jongler cette saison entre les Grands Prix de F1 et les épreuves d'endurance (Alonso participera notamment aux 24 Heures du Mans). Renault et Alonso, l'association a déjà fait des étincelles. C'est avec l'écurie française que l'Espagnol avait été sacré champion du monde en 2005 et 2006.

Christian Estrosi et le GP de France (960x640)

Christian Estrosi a milité pour le GP de France ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP


Le retour du Grand Prix de France. Notez bien la date : le dimanche 24 juin. Ce jour-là, la F1 revient en France pour la première fois depuis dix ans. Une décennie pleine, voilà le temps qui s'est écoulé depuis le dernier Grand Prix de France, disputé à Magny-Cours en 2008. Cette fois, c'est sur le circuit Paul-Ricard, près de Toulon, dans le Var, que la F1 revient, un circuit qu'elle a déjà emprunté à de multiples reprises dans les années 1970 et 80. Pour l'occasion, les organisateurs ont mis les petits plats dans les gants, avec une parade de la Patrouille de France au menu et une fête foraine dans l'enceinte du circuit.

Quatre courses en clair. Ce retour du Grand Prix de France, les amateurs de F1 (et les curieux) pourront en profiter en clair puisque, en 2018 et jusqu'en 2020, TF1, qui a longtemps proposé les Grands Prix sur son antenne, en diffusera quatre par saison. Le Grand Prix de France et le Grand Prix de Monaco seront bien sûr au programme, tout comme deux autres courses dans la saison. L'intégralité du Championnat sera lui à suivre sur les antennes de Canal+. Il ne reste plus maintenant qu'aux pilotes, écurie et moteurs français à briller !