Journée des droits des femmes : les politiques s'impliquent, les féministes manifestent

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Journée des droits des femmes : les politiques s'impliquent, les féministes manifestent
Des manifestations se tiendront toute la journée (image d'archives de 2017) @ ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
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À l'occasion de la 41ème journée des droits des femmes, le Premier ministre va annoncer des mesures pour améliorer l'égalité, tandis que des rassemblements sont prévus dans toute la France.

La 41ème journée internationale des droits des femmes sera marquée jeudi par des rassemblements dans toute la France, un comité interministériel et un déplacement d'Emmanuel Macron dans une entreprise modèle en matière de féminisation.

Des mesures pour l'égalité femmes-hommes

Une "cinquantaine de mesures" annoncées dans la matinée. Le chef du gouvernement Édouard Philippe rassemblera dans la matinée tous les ministres pour annoncer "une cinquantaine de mesures" tirées d'initiatives locales identifiées lors d'un "Tour de France de l'égalité", selon Marlène Schiappa, secrétaire d'État à l'égalité femmes-hommes.

Contrats locaux et places d'hébergement d'urgence. Parmi elles, un "référent égalité" sera nommé dans chaque établissement scolaire à la rentrée 2019, une initiative inspirée d'un lycée du Val-d'Oise. Des contrats locaux seront par ailleurs signés entre préfets, magistrats, hôpitaux et associations pour mettre en place un système d'"alerte en réseau" destiné à mieux repérer les violences conjugales, comme cela se fait à Angoulême.

Une plateforme de géolocalisation des hébergements d'urgence des femmes victimes, accessible seulement par les professionnels (associations, urgentistes, travailleurs sociaux ...) sera développée pour les aider à trouver un refuge. "Deux mille places d'hébergement seront réservées courant 2018, avec un accompagnement pour ces femmes et leurs enfants", a précisé Marlène Schiappa, mercredi à l'Assemblée nationale.

Visite dans une entreprise modèle pour Macron. En fin de matinée, le président Emmanuel Macron se rendra dans l'entreprise Gecina, "exemplaire en matière d'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes", selon l'Élysée. Basée dans le centre de Paris, cette société foncière comptant près de 500 salariés s'est placée en novembre 2017, pour la deuxième fois consécutive, en tête du palmarès de la féminisation des instances dirigeantes, réalisé par Ethics & Boards.

Réduire l'inégalité salariale. Dès mercredi, le Premier ministre a annoncé des mesures visant à résorber d'ici à trois ans l'écart salarial de 9% existant entre hommes et femmes à poste équivalent. "Ce qui est fou, c'est que tout existe dans le droit, mais dans les faits l'égalité n'est pas là. Notre objectif, c'est de passer de belles déclarations juridiques à une véritable égalité réelle", a-t-il déclaré à l'issue d'une rencontre à Matignon avec syndicats et patronat sur la question.

Des rassemblements dans toute la France

Une heure de rassemblement symbolique. Associations féministes et représentants de syndicats ont appelé hommes et femmes à se mobiliser jeudi dans plusieurs villes de France à partir de 15h40, pour faire de cette journée du 8 mars "une lutte collective", pas "une fête". À Paris, c'est un rassemblement place de la République qui marquera "l'heure à partir de laquelle [symboliquement, dans une journée] les femmes commencent à travailler gratuitement", suivi d'une manifestation, selon Ana Azaria, présidente de l'association Femmes Egalité.

Une résonance de l'affaire Weinstein. Les participants porteront un ruban blanc, symbole de la lutte contre les violences faites aux femmes popularisé lors de la récente cérémonie des César. Ce sujet a pris une résonance particulière depuis le scandale Weinstein aux États-Unis, qui a déclenché depuis octobre un mouvement massif de libération de la parole des femmes.

"Paroles, Paroles". Un "karaoké géant" sera organisé sur l'air de la chanson de Dalida Paroles, Paroles, pour "cibler et caractériser la politique d'Emmanuel Macron, parsemée de discours forts et de grandes phrases mais qui ne sont pas suivis d'actes forts", a ajouté Ana Azaria.