Retailleau : "le gouvernement parle beaucoup mais agit peu"

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Le sénateur LR fustige l'inaction du gouvernement dans différents dossiers, notamment Notre-Dame-des-Landes.

INTERVIEW

Des paroles qui ne sont jamais suivies d'effets. Mercredi matin, Bruno Retailleau, président de la région Pays-de-la-Loire (LR), a dénoncé sur Europe 1 un "gouvernement qui parle beaucoup mais agit peu" dans divers dossiers sensibles, notamment l'aéroport de Notre-Dames-des-Landes, la grève des taxis et les difficultés des agriculteurs.

"L'Etat doit débloquer le site". Concernant l'aéroport de Notre-Dames-des-Landes, Bruno Retailleau s'est montré ferme : "l'Etat doit débloquer le site, évacuer et commencer les travaux." Lundi, le tribunal de grande instance de Nantes a confirmé la demande d’expulsion de 15 habitants du site qui refusaient de laisser la place au projet d’aéroport. La balle est donc désormais dans le camp de l'exécutif. "Nous avons 154 décisions de justice favorables à l'aéroport", a rappelé le président de Région. "Les zadistes terrorisent les riverains." Selon l'élu, les derniers opposants au chantier sont "des ultra-violents, des anarchistes qui sont armés". "Notre-Dame-des-Landes est une zone de non-droit", a-t-il fustigé

Une médiation inefficace avec les taxis. Alors que les taxis menaient mercredi leur deuxième jour de grève, bloquant de nombreux axes routiers à Paris, Marseille ou Toulouse, Bruno Retailleau a appelé l'Etat à prendre des mesures. "Il faut modifier le régime fiscal et faire appliquer la loi", a t-il déclaré. "Les taxis paient des licences très chers et sont surchargés fiscalement, ce qui n'est pas le cas pour les VTC. Il faut abaisser les charges [des taxis] le temps qu'ils puissent s'adapter. Car on ne reviendra pas sur la révolution numérique." Mardi, Manuel Valls avait entamé une concertation avec les taxis afin de trouver une solution. Matignon avait fini par nommer un médiateur, le député PS Laurent Grandguillaume, chargé de "dégager des perspectives et des propositions concrètes". Insuffisant, selon Bruno Retailleau : "ce n'est pas un nommant un médiateur qu'on prend une décision, c'est en réformant."

"Lever les contraintes" des agriculteurs. Enfin, le sénateur s'est insurgé contre le traitement réservé aux agriculteurs français, qui se livrent eux aussi à un bras de fer avec le gouvernement, bloquant des routes dans l'Ouest de la France. "De tous les pays d'Europe, nos agriculteurs sont les plus imposés et sont ceux qui ont le plus de contraintes et de normes", a estimé Bruno Retailleau. "Il faut donc lever ces contraintes et abaisser les charges, notamment fiscales. Les agriculteurs ne veulent pas plus de subventions, ils veulent des prix rémunérateurs."