Présidentielle : dans les coulisses du débat d'entre-deux-tours

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À quatre jours du second tour, Emmanuel Macron et Marine Le Pen s'affronteront mercredi soir dans un débat qui restera dans l'histoire… et dont la mise en scène est en train d'être finalisée.

Mardi après-midi, on pouvait encore entendre le bruit des perceuses. Dans un studio de la Plaine Saint-Denis, au nord de Paris, les techniciens mettaient la dernière main à l'organisation millimétrée du débat d'entre-deux-tours entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, mercredi.  

Le décor n'a quasiment pas changé. Sur le plateau, c'est à peu de choses près le même décor qu'il y a cinq ans : les deux candidats seront assis autour d'une table ovale de 2,50 m, face-à-face. En décor de fond, une image floutée de la cour de l'Élysée dans des tons champagne. Une atmosphère volontairement feutrée, avec une température – c'est important - aux alentours de 19 degrés, pour éviter tout risque de transpiration. Cette fois en revanche, aucun public n'a été invité.

Les moindres détails passés en revue. Tout a été tiré au sort : Marine Le Pen sera à gauche et Emmanuel Macron à droite. Ce sera la candidate frontiste qui s'exprimera en premier. Jusqu'à la loge qu'ils occuperont avant le débat, le principe d'égalité est absolu.

Un duo de journalistes inédit. Pendant 2 heures 20, les deux finalistes de l'élection présidentielle débattront, autour des questions posées par Nathalie Saint-Cricq (France 2) et Christophe Jakubyszyn (TF1), responsables des services politiques des deux chaînes. Les deux journalistes n'ont appris ce choix que la semaine dernière, car initialement, les chaînes comptaient confier le débat à leurs présentateurs vedettes, Gilles Bouleau et David Pujadas. Mais le CSA a réclamé un duo de présentateurs homme-femme, et le FN a demandé que soit écartée l'autre option de TF1, Anne-Claire Coudray, jugée anti-Le Pen.

Entendu sur Europe 1
On essaie de montrer au téléspectateur ce qu'il voudrait voir s'il était en plateau.

Le problème des "plans de coupe" encore à régler. Un seul aspect pose toujours problème : les plans de coupe, qui montrent les réactions d'un candidat lorsque l'autre s'exprime. L'un des deux camps bloque, mais les négociations se poursuivent, car le réalisateur de l'émission Tristan Carné y tient beaucoup. "On essaie de montrer au téléspectateur ce qu'il voudrait voir s'il était en plateau", explique-t-il au micro d'Europe 1. "D'où l'importance des plans de coupe, qui vont donner le rythme de ce qu'il va se passer. Ils racontent quelque chose de l'ordre de l'acquiescement ou d'une moue dubitative. C'est ça, je pense, que les téléspectateurs veulent voir", assure Tristan Carné. Cette méfiance reste vivace depuis 35 ans : c'est en 1981 que François Mitterrand avait demandé à Serge Moati, organisateur du débat avec Valéry Giscard d'Estaing, de supprimer les plans de coupe. Depuis, ces plans étaient tabous, et ce jusqu'aux débats des 20 mars et 4 avril sur TF1 et BFMTV où les candidats les avaient acceptés.

Quatorze caméras et une douzaine de thèmes. En tout, il y aura quatorze caméras, dont l'une qui filmera l'arrivée des candidats à l'extérieur. Quant à la douzaine de thèmes qui seront abordés, la liste et leur ordre doivent encore être calés avec les équipes des candidats, au terme d'une ultime réunion. Le président du CSA Olivier Schrameck devait passer lui aussi dans l'après-midi visiter le studio.