Guaino : "Je me demande si le danger de monsieur Macron n’est pas pire"

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Le Républicain Henri Guaino refuse de choisir entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle. 

LE DÉBAT

Le duel Emmanuel Macron/Marine Le Pen divise la classe politique, alors qu’une partie de la droite refuse de déposer un bulletin pour Emmanuel Macron dans l’urne. Officiellement, LR a appelé ses militants dans un communiqué à "voter contre Marine Le Pen", mais sans citer explicitement le candidat d’En Marche!.

Ni FN ni Macron. "Je ne voterai pas pour Monsieur Macron. Je ne comprends pas comment les responsables politiques peuvent, pendant des semaines, des mois, agonir de critiques, d’injures un candidat, ensuite appeler à voter pour lui et puis, quinze jours plus tard, repartir en campagne contre celui qu’ils auront fait élire. Pour moi, c’est absolument incompréhensible", a déclaré mercredi le député LR des Yvelines Henri Guaino, invité au micro d’Europe 1 Midi à débattre face au député PS de'Indre-et-Loire Laurent Baumel. "Je n’ai jamais voté pour le Front national et je ne voterai jamais pour le Front national, mais je ne comprends pas pourquoi cela doit m’obliger à voter pour Emmanuel Macron", ajoute-t-il.

"Tout ce que dit monsieur Macron va à l’encontre de tous mes engagements politiques. Tout ce que dit Monsieur Macron !", martèle Henri Guaino, considérant également que l’arrivée de l’ancien protégé de François Hollande pourrait être encore plus dangereuse pour le pays que celle de Marine Le Pen. "Je me demande si le danger de monsieur Macron n’est pas pire, parce que c’est une imposture. Au moins les gens qui votent pour Marine Le Pen savent pour qui ils votent, ils prennent leur responsabilité. […] Quand les gens se rendront compte de cette imposture, alors ce sera encore plus terrible qu'aujourd’hui."

"Un choix contre Marine Le Pen". À l’inverse, l’ex frondeur socialiste Laurent Baumel, soutien de Benoît Hamon pendant la campagne, a fait savoir qu’il voterait pour l’ancien ministre de l’Economie afin de faire barrage à la menace frontiste. "J’ai combattu ses idées et je les combattrai à nouveau [celle d’Emmanuel Macron, ndlr]. S’il est élu président et que je suis réélu à l’Assemblée, je serai vigilant à l’égard de la partie libérale de son programme", a-t-il déclaré, également sur Europe Midi. Mais, nuance-t-il, "nous nous trouvons dans une situation très particulière où la question met en jeu le rapport même à la République, aux valeurs de la République et de la démocratie. Ça n’est pas un choix pour Emmanuel Macron - tout le monde le comprend bien -, c’est un choix contre Marine Le Pen".


Le silence de Mélenchon. Jean-Luc Mélenchon, le candidat de la France insoumise, arrivé quatrième au premier tour, a refusé dimanche de donner une consigne de vote préférant s’en remettre à ses militants. Il a fait savoir mercredi que, quel que soit le verdict de cette consultation, il ne dirait pas à qui irait son bulletin au second tour. Une attitude que tient à saluer Henri Guaino. "De sa part, c’est cohérent de ne pas céder à la dictature de la bien-pensance qui vous oblige à adopter une attitude. Il a parfaitement raison. On ne peut pas défendre ce qu’il a défendu, et ensuite se servir du bulletin de Monsieur Macron".