Eric Coquerel : "Emmanuel Macron s'installe un peu trop dans les habits d'un nouveau monarque"

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Invité du Club de la Presse d'Europe 1 lundi soir, le député de la France Insoumise Eric Coquerel est revenu sur la décision de son parti de ne pas assister au discours d'Emmanuel Macron à Versailles. 

INTERVIEW

Le discours d'Emmanuel Macron a duré près d'une heure trente devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles, lundi après-midi. Mais dans l'assistance, les sièges des députés de la France Insoumise (FI) sont restés vides : tout comme les élus PCF, les représentants du mouvement mené par Jean-Luc Mélenchon avaient annoncé leur boycott de cette allocution, la jugeant symbole d'une trop grande concentration des pouvoirs dans les mains du président. Invité du Club de la Presse d'Europe 1, lundi soir, le député FI de la 1ère circonscription de Seine-Saint-Denis Eric Coquerel est revenu sur cette décision. 

"Notre travail de parlementaires". "Cet après-midi, il fallait déposer des amendements pour cette loi Travail qu'on veut nous imposer par ordonnances et que l'on ne connaît que depuis mercredi dernier. Il fallait les déposer avant 17 heures", a expliqué Eric Coquerel. "Nous avons fait notre travail de parlementaires d'opposition, nous avons déposé 132 amendements", a-t-il poursuivi, précisant que cela représentait les deux tiers des amendements concernant ce texte. 

Entendu sur Europe 1
L'idée de donner un coup d'arrêt, d'attirer l'attention sur quelque chose qui ne nous satisfait pas
Eric Coquerel, député de la France Insoumise

"On est en train de cumuler les défauts". "Mais l'idée était aussi de donner un coup d'arrêt, d'attirer l'attention sur quelque chose qui ne nous satisfait pas, c'est à dire l'accentuation d'un régime hyper-présidentiel", a reconnu Eric Coquerel. "Emmanuel Macron s'installe un peu trop dans les habits d'un nouveau monarque. (...) Il a le droit de parler devant le Congrès, ce que l'on conteste c'est qu'il le fasse ce jour-là, la veille de son Premier ministre (qui doit prononcer son discours de politique générale mardi, ndlr). Il se rapproche du système américain où il y a un discours de l'Union, pas de Premier ministre... mais un Congrès qui a plus de pouvoir, contrairement à la France. On est en train de cumuler les défauts des deux." 

"Je crois qu'il commet une erreur". Quant à la proposition de réduire le nombre de parlementaires formulée par Emmanuel Macron, Eric Coquerel est tout aussi sévère. "Je ne pense pas que la France soit un régime trop parlementaire. C'est vraiment l'inverse aujourd'hui." Et de poursuivre : "Ce qui me pose problème, c'est qu'Emmanuel Macron a été élu contre Marine Le Pen à la présidence de la République et qu'ensuite (son parti) a été élu, vu l'abstention record des législatives, par 15% des inscrits. Je ne pense pas que ça vous donne la possibilité de heurter aussi profondément un pays en faisant passer cet été des lois aussi importantes que la dérégulation totale et la fin du code du Travail. Je crois qu'il commet une erreur."