Après la déception, les militants pro-Juppé veulent contrer Fillon le réactionnaire

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La surprise et la déception passées, les supporters du maire de Bordeaux listent leurs arguments pour stopper la fulgurante ascension de François Fillon.

REPORTAGE

À l’annonce des premiers résultats, un silence pesant s’installe dans cette brasserie bordelaise, où sont réunis des militants d'Alain Juppé. Ils constatent avec stupéfaction l'écart net qui sépare leur candidat de François Fillon, très largement en tête. "C’est assez décevant, on ne s’y attendait pas", avoue l'un d'eux qui suggère : "on s’est un peu trompés d’adversaire principal".

La carte du rassemblement. Pour les proches du maire de Bordeaux, lui seul peut garantir le rassemblement de la droite et du centre. "Ce que j’ai entendu de François Bayrou, c’est qu’il ne se présentait pas si c’était Alain Juppé. Je ne l’ai pas entendu dire ça si c’était François Fillon. Mécaniquement, avoir un candidat de droite qui soit devant Marine Le Pen au premier tour de l’élection présidentielle, ça me semble être un argument très fort dans la candidature Juppé", avance Virginie Calmels, première adjointe d'Alain Juppé.


Chez les juppéistes, la stratégie pour contrer...par Europe1fr

La stratégie anti-Fillon se met en place. Si les militants continuent de crier "Juppé président", l'équipe resserrée du candidat était, elle, sonnée par ces résultats. En disant "j’ai décidé de continuer le combat", Alain Juppé suggère même qu’il a envisagé un temps de renoncer. Ce que son entourage ne dément pas. Alors que faire ? Pour le principal conseiller du candidat, il ne faut surtout pas changer l’axe rassembleur de la campagne. Mais aussi cogner sur François Fillon, notamment sur les questions de société.

La droite française n’est pas toute entière réactionnaire. On a encore une chance

Inutile de briefer les militants, qui sont déjà sur cette ligne. "Fillon, c'est quelqu'un qui dit 'l'avortement, je ne veux pas l'interdire mais à titre personnel, je suis contre'. Mais que font les femmes ? Elles se mobilisent un peu ?", s'agace un militant. "Fillon, c’est le candidat de la droite, de l’affaire Jouyet, le candidat de Sens commun, c’est le candidat qui est contre le mariage gay", énumère une pro-Juppé. "Il ne représente pas l’électorat français", assure-t-elle. L’un des stratèges de la campagne se rassure : "la droite française n’est pas toute entière réactionnaire. On a encore une chance".

Occuper le terrain. Confiant, un supporter lance les paris : "François Fillon a pris 30 points en quinze jours. Nous, on a pile une semaine pour en prendre 15". Lundi matin au QG parisien d’Alain Juppé, un véritable conseil de guerre s'est réuni pour organiser la semaine : un meeting à Toulouse mardi, un à Nancy vendredi et peut-être déjà un déplacement lundi après-midi.