Les Israéliens reconnaissent un raid vieux de 10 ans contre un réacteur en Syrie : la guerre psychologique bat son plein

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

Israël reconnait la destruction d’un réacteur nucléaire en Syrie, il y a dix ans.
C’était un secret de Polichinelle.
Le monde a découvert le site nucléaire clandestin d’Al Kibar en Syrie quand un raid aérien l’a pulvérisé. Les Syriens ont ri jaune en prétendant que les bâtiments étaient abandonnés. Les Israéliens ont protesté mollement et pas longtemps quand on leur a attribué cette victoire dans la guerre secrète.
Les photos aériennes montrent une base au milieu des cailloux, dans la province de Deir Ezzor. Avant et après. Il n’y a aucun cliché de l’intérieur, c’est presque mieux, on peut imaginer les techniciens Nord-coréens mettant la dernière main au réacteur clandestin. Comme dans les films. Et puis, à minuit l’heure du crime, la cavalerie qui surgit hors de la nuit et tout se transforme en chaleur et lumière.
Ensuite, les satellites filment les pelleteuses qui nivellent le terrain et font du passé table rase.
 
Est-ce que cette opération a eu des conséquences sur le régime syrien ?
Fin des ambitions nucléaires de Bachar El Assad. Comme arme de destruction massive, il a gardé son arsenal chimique mais ce n’est pas pareil.
S’il avait eu la bombe, rien qu’une petite bombe nucléaire, la vie des Syriens serait différente…  
Cette semaine par exemple, Recep Tayip Erdogan aurait hésité avant de conquérir Afrin et de pousser 250 000 habitants kurdes en exil dans leur propre pays.
Qu’est-ce que la levée de la censure israélienne apporte de nouveau ?
D’abord, la vidéo, avec une caméra embarquée dans le cockpit d’un des F16, on suit l’opération comme si on était à l’État-major. Reprise assurée sur le net. Tsahal a besoin de ce miroir flatteur.
« Baise la main que tu ne peux pas couper » est un proverbe oriental.
Il y a aussi les sous-titres, les responsables israéliens qui répètent que le raid est une mise en garde. Qu’Israël ne laissera jamais un pays qui refuse son existence acquérir la capacité nucléaire. C’est la doctrine Begin. C’est ainsi que l’ancien premier ministre avait justifié la destruction du réacteur Osirak, de Saddam Hussein.
Osirak en 81, Al Kibar en 2007. Jamais deux sans trois : avis aux Iraniens en 2018.
Ils sont déjà au courant !
C’est même pour éviter cela, qu’ils ont une bonne DCA et des sites nucléaires souterrains !  
Depuis deux ans, les inspecteurs de l’AIEA contrôlent ces installations. Donald Trump juge l’accord infect. Il est probable qu’il le jettera à la poubelle à la mi-mai.
C’est ce qu’attendent ses deux alliés stratégiques. Benyamin Netanyahu. Et le prince héritier d’Arabie qui est ces jours-ci à Washington. MBS a juré en arrivant que si les Iraniens se dotaient de la bombe, son pays en ferait autant.
On peut voir tout cela comme de la gesticulation.  Ou bien, une préparation concertée de l’opinion publique. Le grand règlement de comptes approche. Les trois hommes sont décidés à recomposer le Moyen-Orient.
C’est un autre secret de Polichinelle.