Energies vertes : la Chine bat des records d'investissement

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Les experts d'Europe 1 est une chronique de l'émission Europe matin
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Axel de Tarlé, Anne Le Gall, Alex Taylor et Alexandre Kara font le point sur l'actualité du jour. 

Alex Taylor, expert international

La Grèce, cela faisait un moment. Rappelez-vous, les six premiers mois de l’année dernière : la Grèce, la Grèce, la Grèce. La une, tous les jours. Depuis, les migrants, les attentats, la dette grecque est devenue moins sexy. Cela va le redevenir, depuis hier.

Le noeud du problème, c’est le rapport entre la Grèce et le FMI. Si vous dites FMI à un Grec, il crache. Le mois dernier, Alexis Tsipras affirmait haut et fort que son pays n’avait plus besoin de leur argent, juste celui des Européens, dans la troisième tranche d’aide. Hier les ministres des Finances de l’Eurozone se sont réunis à Bruxelles. C’est acté donc : on impose le FMI aux Grecs. Il faut savoir que derrière, il y a Angela Merkel.

Beaucoup de ses propres députés trouvent que Bruxelles est trop mou avec Athènes, et Berlin est seulement rassuré lorsque Christine Lagarde joue la "dominatrix" depuis Washington. Le FMI joue néanmoins un rôle ambigu, comme toujours dans les jeux SM. En tout cas, c’est la carotte et le bâton. Le FMI insiste auprès des Européens pour qu’ils allègent la dette grecque, tout en refusant d’envisager la moindre diminution de ce que les Grecs doivent au FMI. Le noude de la guerre reste les retraites qui représentent 10% du PNB grec, insoutenable pour le FMI. Les eurocrates arrivent lundi à Athènes pour une "revue des réformes menées depuis cet été" et puis Tsipras doit rencontrer Lagarde à Davos la semaine prochaine, rencontre suffisamment "hot" pour faire fondre la neige dans les Alpes suisse.

Antonin André, expert politique

Le Front National ressort  des Régionales, avec un sentiment de déception sans aucune région gagnée. La fameuse barre des 50% lui résiste encore… En cette rentrée, Marine le Pen a quasiment disparue.

Marine le Pen s’est replongée dans ses classiques, à la recherche d’inspiration. Qui sont ses classiques ? Elizabeth Badinter et Simone de Beauvoir ! L’auteur de deuxième sexe, l’écrivaine phare du féminisme. Marine le Pen a pris la plume ces jour-ci pour une tribune, écrite dit-elle en "femme libre", comprenez pas en tant que Présidente du FN pour défendre les femmes après les agressions sexuelles à Cologne la nuit du Nouvel an. Et dans ce texte elle se réfère à Simone de Beauvoir, de quoi faire bondir les sympathisants d’extrême droite, "les tradi" qui ont la pilule et l’avortement en horreur. C’est un peu ce que recherche Marine le Pen en 2016 : rompre avec le FN. Son analyse c’est que "la campagne de la peur" menée par ses adversaires fonctionne toujours et l’enferme dans les vieux habits de l’extrême droite  dans une forme de caricature qui la ramène à son père. Elle va donc prendre du recul, mettre le parti à distance. Marine Le Pen s’exprimera sur des sujets où on ne l’attend pas forcément,  sans l’étendard FN et elle sillonnera le pays à la rencontre des Français, sans militants, sans meeting…

Marine le Pen veut dépasser le cadre de son parti, on le comprend, pour être un jour présidente mais Quid du FN et notamment de son changement de nom ? Marine le Pen elle-même l’a évoqué c’est sérieux ? c’est un tournant ?

C’est tout ou rien, ce sera une révolution ou un gadget. Gianfranco Fini, leader nationaliste italien en 1995, change le nom du parti d’extrême droite le Mouvement Social italien devient l’Alliance Nationale mais il ne change pas juste la marque, il renonce officiellement au fascisme, il recentre son discours vers la droite modérée. Ça lui permet de nouer des alliances, de l’installer comme parti de gouvernement. Le changement de nom du FN n’aura de sens que si c’est un véritable aggiornamento, ce qui veut dire : abandonner ou détailler la sortie de l’euro, vraie handicap pour lui. Mais pas seulement, il lui faut aussi  trancher  entre une ligne libérale compatible avec l’électorat de droite et une ligne protectionniste, étatiste défendue par Florian Philippot. Si changer le nom du FN correspond à une refonte de son programme : bien sans abandonner son axe fondateur : la préférence nationale, alors oui ce sera un tournant.  S’il s’agit juste de changer la marque comme l’UMP l’a fait en devenant les républicains, alors cela ne trompera personne. Le FN restera un attrape-tout pour  mécontents de droite et de gauche au premier tour, mais pas assez crédible pour passer à un vote d’adhésion au second tour qui lui permettrait, enfin de franchir la barre des 50%.