"Je ne suis pas un homme facile" : quand le monde est dominé par les femmes

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Chaque jour, Nadia Daam vous présente son coup de patte personnel... En ce lundi c'est le film: "Je ne suis pas un homme facile", une dystopie féministe.

C’est un exercice qu’on retrouve déjà dans beaucoup d’objets artistiques. Au théâtre par exemple, dans la pièce de comédie antique grecque Lysistrata d’Aristophane, les femmes prennent le pouvoir.

Au cinéma, on peut citer "Calmos", de Bertrand Blier qui dépeignait un monde ou les épouses s’organisaient en milice et roulaient sur leurs maris avec des chars blindés. Là, en terme de finesse et de fond, on est plus entre "Fast and Furious 4" et "Video Gag", qu’Aristophane. On préfèrera nettement à "Calmos" le film de Riad Sattouf,  "Jacky au royaume des filles", qui lui aussi imaginait une société matriarcale.

Mais à ce jeu de la dystopie féministe, la meilleure c’est Eleonore Pourriat. C’est une actrice et réalisatrice dont le film "Je ne suis pas un homme facile" vient de sortir en exclusivité sur Netflix.

C est aussi l’adaptation de son premier court-métrage baptisé "Majorité opprimée". Qui a fait un véritable carton au moment de sa sortie sur Youtube en 2013. On y suivait la journée de Pierre. Il dépose son enfant chez l’assistant paternelle, un homme qui ne porte pas un voile, mais une cagoule. Puis Pierre se déplace dans la ville : il va croiser des femmes qui font leur jogging torse nu, urinent debout contre les murs, se fait siffler, harceler et même agresser par des femmes.

"Je ne suis pas un homme facile" décrit exactement le même système. Un monde, ou le personnage incarné par Vincent Elbaz va vivre et endurer les injonctions, les petites humiliations, les grandes injustices subies par les femmes dans la vraie vie. Concrètement, il doit s’épiler le torse à la cire chaude en ticket de métro, se voit proposer une promotion canapé. Pendant que les femmes elles se grattent l’entrejambe devant les 24h du Mans.

Presque toutes les manifestations du patriarcat et les clichés genrés y sont explorés et inversé. Pour être tout à fait complet, le film aurait également pu montrer des parlementaires qui gloussent et sifflent parce qu’un député parle dans l’hémicycle en bermuda, ou encore un plateau de Touche pas à mon poste dans lequel une chroniqueuse embrasserai le testicule gauche d’un invité sous les applaudissements du public.

Bref, c’est film malicieux, politique, drôle et sombre qui offre un miroir à peine déformant de la société actuelle, de celle d’hier, et de celle de demain. Celle ou le sexisme ne malheureusement pas toujours mauvais genre.

Imaginez un monde dans lequel les rôles attribués aux hommes et aux femmes auraient été entièrement inversés. Un monde dominé par les femmes qui useraient et abuseraient de leurs droits et privilèges. Bref, imaginez une société matriarcale.

C’est un exercice qu’on retrouve déjà dans beaucoup d’objets artistiques. Au théâtre par exemple, dans la pièce de comédie antique grecque Lysistrata d’Aristophane, les femmes prennent le pouvoir.

Une idée déjà exploitée. Au cinéma, on peut citer Calmos, de Bertrand Blier qui dépeignait un monde ou les épouses s’organisaient en milice et roulaient sur leurs maris avec des chars blindés. Là, en terme de finesse et de fond, on est plus entre Fast and Furious 4 et Video Gag, qu’Aristophane. On préférera nettement à Calmos le film de Riad Sattouf, "Jacky au royaume des filles", qui lui aussi imaginait une société matriarcale. 

Mais à ce jeu de la dystopie féministe, la meilleure c’est Éléonore Pourriat. C’est une actrice et réalisatrice dont le film Je ne suis pas un homme facile vient de sortir en exclusivité sur Netflix.

Adaptation du court-métrage "Majorité opprimé". C'est aussi l’adaptation de son premier court-métrage baptisé Majorité opprimée. Qui a fait un véritable carton au moment de sa sortie sur Youtube en 2013. On y suivait la journée de Pierre. Il dépose son enfant chez l’assistant paternelle, un homme qui ne porte pas un voile, mais une cagoule. Puis Pierre se déplace dans la ville : il va croiser des femmes qui font leur jogging torse nu, urinent debout contre les murs, se fait siffler, harceler et même agresser par des femmes.

Entendu sur europe1 :
Le film aurait également pu montrer des parlementaires qui gloussent et sifflent parce qu’un député parle dans l’hémicycle en bermuda

"S’épiler le torse à la cire chaude en ticket de métro". Je ne suis pas un homme facile décrit exactement le même système. Un monde, où le personnage incarné par Vincent Elbaz va vivre et endurer les injonctions, les petites humiliations, les grandes injustices subies par les femmes dans la vraie vie. Concrètement, il doit s’épiler le torse à la cire chaude en ticket de métro, se voit proposer une promotion canapé. Pendant que les femmes elles se grattent l’entrejambe devant les 24h du Mans.

Presque toutes les manifestations du patriarcat et les clichés genrés y sont explorés et inversé. Pour être tout à fait complet, le film aurait également pu montrer des parlementaires qui gloussent et sifflent parce qu’un député parle dans l’hémicycle en bermuda, ou encore un plateau de Touche pas à mon poste dans lequel une chroniqueuse embrasserait le testicule gauche d’un invité sous les applaudissements du public.

Bref, c’est film malicieux, politique, drôle et sombre qui offre un miroir à peine déformant de la société actuelle, de celle d’hier, et de celle de demain. Celle ou le sexisme ne malheureusement pas toujours mauvais genre.