Plan de départ volontaire chez Opel

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La Une de l'éco est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Chaque matin, Emmanuel Duteil fait le point sur l'actualité économique.

Ce mercredi, on parle d'Opel. Le constructeur allemand a annoncé hier un nouveau plan de départs volontaires.

C'est un plan de départs massif. Ouvriers, ingénieurs, administratifs, tout le monde est concerné. Jusque-là les plans de départs volontaires concernaient plutôt ceux qui commençaient à s'approcher de la retraite. Là, tout le monde peut y souscrire. La direction promet que l'indemnité de départ sera attrayante. On ne sait pas combien de personnes Opel espère voir partir. Mais c'est un secret de polichinelle que chez PSA (le nouveau propriétaire) on espère une vague de départs assez importante. PSA veut en effet baisser drastiquement la masse salariale. C'est l'une des recettes pour arrêter de perdre de l'argent. Mais PSA peut le faire uniquement sur la base du volontariat. Il s'est engagé à ne procéder à aucun licenciement économique dans les usines allemandes d'ici fin 2018 ainsi qu'à investir dans ces sites au moins jusqu'en 2020. Opel compte 37.500 collaborateurs en Europe dont environ 19.000 rien qu'en Allemagne.

Opel qui a été racheté il y a quelques mois par PSA n'est pas très en forme.

C'est le moins que l'on puisse dire. Imaginez Opel a gagné de l'argent pour la dernière fois à la fin des années 90. Depuis, le constructeur qui a été longtemps la propriété de l'américain Général Motors a perdu près de 20 milliards de dollars. Il faut donc serrer les vis pour réduire les coûts. Il faut au minimum selon la direction de PSA économiser 700 euros par voiture, 400 par la logistique, l'amélioration dans les usines et les rapprochements techniques avec PSA et 300 euros sur les achats. Là, c'est l'effet taille avec PSA qui doit jouer notamment.

Mais la clef ce sera la relance des ventes.

C'est certain les économies indispensables ne vont pas suffire. Mais pour y arriver, il faut finalement appliquer la même stratégie que celle qui a permis le redressement de PSA. Des économies, un deal social qui emporte tout le monde et des voitures qui plaisent. Regardez le carton par exemple chez Peugeot de la 3008. Pour Opel, il y a du travail. Rien qu'en France, les ventes reculent encore. Alors que le marché se porte bien, les ventes ont reculé en février par rapport à février 2017 de 14%. Opel pèse 3.4% des ventes en France, à peu près comme Fiat. Alors pour repartir de l'avant, PSA va devoir moderniser la gamme d'Opel, aller à fond sur l'électrique bref repenser la gamme ! Une sacré défi mais heureusement pour PSA le marché européen se porte relativement bien ce qui va l'aider un peu dans sa tâche.