Des drones pour chasser les employés qui travaillent trop au Japon

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A l'heure du numérique est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Chaque matin, Grégoire Martinez nous dévoile les dernières nouveautés technologiques.

Le Karoshi. Au Japon, le surmenage au travail à un nom.  Et pour cause, il représente un vrai problème de société. Il n'est pas rare en effet que les journaux se fassent l'écho de suicide ou de décès directement liés à un surmenage. Au total, un salarié sur cinq risquerait de mourir à cause de son rythme de travail.

Repérer les employés qui travaillent trop

Pour remédier à ce problème, l'entreprise de construction Taisei a imaginé un drone doté d’une caméra complètement autonome capable de voler dans l’open space pour vérifier que les salariés ne passent pas trop de temps au travail. L'engin, qui n'a pas besoin de GPS, peut se repérer tout seul dans les bureaux et même transmettre les données qu’il recueille en temps réel, notamment les images qu'il filme, au service de sécurité de l’entreprise par exemple.

Lorsqu'il détecte un salarié qui travaille trop, le drone va simplement venir voler bruyamment autour de l’employé. Et pour cause, ceux qui ont déjà entendu un drone voler le savent, le bourdonnement n’est pas particulièrement agréable. Le quadri-coptère va également diffuser la chanson écossaise "Auld Lang Syne", "Ce n’est qu’un au revoir" en bon français et qui est utilisée au Japon pour prévenir les clients qu’un magasin va bientôt fermer.

Et pour cause, au Japon la musique a une signification très importante. Elle est utilisée un peu partout, dans les magasins donc, mais aussi dans le métro avec une musique différente à chaque station pour se repérer quand on a les yeux fermés.

Une solution pour toutes les entreprises

A terme, en plus de chasser les employés qui font un peu trop de zèle, le drone pourra, grâce à l’intégration d’une technologie de reconnaissance faciale, savoir si les personnes reconnues par la caméra en dehors des heures de travail habituelles sont des employés ou des intrus. Il se transformerait donc en système de sécurité volant capable de surveiller un bâtiment.

Il est dès à présent en phase de tests, mais le service devrait être mis en place très rapidement dans les bureaux de Taisei, à priori dès le mois d’avril 2018. En plus de l’utiliser dans ses bureaux, il sera aussi proposé à d’autres entreprises moyennant un abonnement mensuel d’environ 500 euros. Une solution pensée pour les grandes entreprises donc, mais qui pourrait permettre de limiter certains risques pour les employés japonais !