Turquie-France : comment expliquer le "non-match" des Bleus ?

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Didier Deschamps et les Bleus ont connu une soirée difficile, samedi soir, en Turquie.
Didier Deschamps et les Bleus ont connu une soirée difficile, samedi soir, en Turquie. © FRANCK FIFE / AFP
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Les Bleus ont été battus, samedi soir, en Turquie (2-0), en éliminatoires de l'Euro 2020, après une performance de piètre facture.
RÉACTION

Les récents matches réalisés en Moldavie (4-1), contre l'Islande (4-0) et face à la Bolivie (2-0), avaient été plutôt convaincants, donnant l'image d'une équipe de France si ce n'est niveau championne du monde, au moins niveau mondial. La vision du match en Turquie, samedi soir, n'en fut que plus brutale. Dominés dans l'intensité, maladroits offensivement et friables défensivement, les Bleus ont rendu une copie presque indigne, s'inclinant logiquement (2-0). À tel point que le sélectionneur, Didier Deschamps, a parlé d'un "non-match".

"Il a manqué tellement de tout"

Dépité, le coach des champions du monde n'a pas cherché à se voiler la face en conférence de presse d'après-match. Ou d'après-non-match, donc. "Il a manqué tellement de tout. Je n'enlève surtout pas le mérite à cette équipe de Turquie qui a fait un très bon match, mais évidemment que de notre côté, il y a eu beaucoup trop d'insuffisance dans l'agressivité, dans la justesse technique. Au-delà de la qualité des Turcs, qui nous ont mis en difficulté, on leur a offert des opportunités nous-mêmes. C'est un non-match de notre part, et un très bon match de la Turquie, bravo à eux."

Ce terme de "non-match", le milieu de terrain tricolore Moussa Sissoko, censé suppléer l'absence de N'Golo Kanté, l'a également repris à son compte. "C'était un non-match. On était prévenus, on savait que ça allait être compliqué pour nous ici, il y avait une bonne ambiance, une équipe qui allait être surmotivée et ça s'est vu ce soir. Nous on n'était pas dans le coup." Il est amusant de noter, d'ailleurs, que le joueur de Tottenham avait également eu cette expression de "non-match" après l'autre défaite des Bleus champions du monde, aux Pays-Bas, en Ligue des nations (2-0), en novembre dernier, dans une atmosphère de gala comme à Konya, samedi.

"On est passé au travers"

Perturbés par la pression mise par le public, les Bleus ?  "Si je commence à vous parler de ça, ça va s'apparenter à des excuses", a convenu Didier Deschamps. "Le public est là, on savait qu'il y avait cette ambiance mais ils ne sont pas sur le terrain non plus. Évidemment ça a galvanisé et soutenu tout au long du match cette équipe de Turquie, mais c'est plus nous (qui sommes responsables de la notre mauvaise performance, ndlr)..."

Public hostile, qualité de l'adversaire… Sans nier ces éléments, on ne se cherche pas d'excuses, du côté du sélectionneur comme des joueurs. "Ce soir (samedi soir), on est tous un peu surpris par cette performance collective", a convenu avec son habituel recul le capitaine, Hugo Lloris, l'un de seuls, si ce n'est le seul à avoir tenu son rang samedi. "On est tombés sur une équipe turque très disciplinée, qui était performante, réaliste. Et nous, de notre côté, en témoigne cette statistique de ne pas avoir tiré une fois au but (…) On n'a pas d'excuse, il n'y a pas à accabler un joueur plus qu'un autre, on doit tous se sentir responsables de cette défaite." Antoine Griezmann, lui aussi, retenait cette statistique accablante de ne pas avoir réussi à cadrer un seul tir, ce qui n'était plus arrivé à une équipe de France depuis une décennie. "On est passé à travers, on n'a pas eu de grosses occasions, on n'a pas tiré au but. On a raté des gestes techniques, je n'ai pas été bon."

"On est tous fatigués mais eux aussi"

Alors que de nombreux Bleus ont paru dépassés dans le combat physique et semblé manquer de lucidité, le futur ex-joueur de l'Atlético de Madrid, qu'on avait vu très à son avantage face à la Bolivie, dimanche dernier, n'a pas voulu non plus évoquer la fatigue : "Il ne faut pas essayer de se trouver des excuses, ils ont été meilleurs que nous ce soir (samedi soir)". Son coéquipier Benjamin Pavard, très en difficulté, comme toute la défense tricolore, était sur la même longueur d'ondes : "On est tous fatigués mais eux aussi. Ils ont eu une saison aussi, peut-être moins de matches que certains d'entre nous mais on ne va pas se voiler la face. On a été mauvais, il ne faut pas se trouver d'excuse." Et la perspective des vacances, elle, a-t-elle pu peser sur la rencontre ? Personne n'a évoqué ce point…

Aucun des acteurs de ce match ne s'est en tout cas voilé la face sur la qualité de la performance, mais tous, en revanche, semblent plaider l'accident. Et donnent rendez-vous en Andorre, mardi, pour le dernier match de la saison. Compte tenu de la faiblesse de l'adversaire, il faudra attendre encore un peu pour constater si les Bleus savent encore aller au charbon quand cela devient nécessaire…