Tour des Flandres : "On est en train d’opposer l’écologie et le cyclisme"

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Ce mardi, Virginie Phulpin revient sur la disqualification de Michaël Schär par l’UCI sur le tour des Flandres, après avoir jeté son bidon au mauvais endroit. 2:10
Ce mardi, Virginie Phulpin revient sur la disqualification de Michaël Schär par l’UCI sur le tour des Flandres, après avoir jeté son bidon au mauvais endroit.
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Chaque jour, la matinale d'Europe 1 revient sur l'un des événements sportifs qui fait l'actualité. Ce mardi, Virginie Phulpin revient sur la disqualification de Michaël Schär par l’UCI sur le tour des Flandres, après avoir jeté son bidon au mauvais endroit. Selon elle, "on est en train d’opposer l’écologie et le cyclisme."
EDITO

Dimanche 4 avril, le tour des Flandres a été marqué par la disqualification du cycliste suisse Michaël Schär. Le coureur d’AG2R-Citroën a été exclu de la compétition pour avoir jeté un bidon au public, au lieu de le faire dans l’espace autorisé par l’Union cycliste internationale (UCI). Depuis début avril, l'UCI réglemente les zones où les participants aux épreuves peuvent jeter leurs gourdes, afin de limiter la pollution plastique. Une règlement appliqué à la lettre qui peut provoquer des pénalités voire l'exclusion de la course. 

"Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas eu droit à une bonne polémique stérile entre les défenseurs de l’environnement et les amoureux du cyclisme ! Au moins depuis les dernières batailles rangées sur la caravane du Tour de France. Et si on essayait de retrouver un peu de mesure dans ce débat ? Depuis le 1er avril, l’UCI interdit aux coureurs de jeter leurs bidons en pleine nature. Sur le principe, rien à dire. Que le sport, et notamment le cyclisme, se préoccupe de l’environnement, et essaie de s’améliorer, de réduire son empreinte, on ne peut que s’en réjouir. C’est le sens de l’histoire, les coureurs ont aussi un devoir d’exemplarité, et d’ailleurs les équipes ont toutes applaudi cette mesure au départ. Le problème, c’est l’application à la lettre, bêtement, d’un règlement. C’est ce qui s’est passé dimanche. Le Suisse Michael Schär a jeté son bidon à un groupe de spectateurs. Il ne l’a pas balancé dans un pré le long de la route.

Il l’a envoyé à des personnes qui n’attendaient que ça. Donc le bidon ne s’est pas retrouvé dans la nature, il va trôner sur l’étagère d’un fan. Et pourtant, le coureur a quand même été disqualifié. On dirait que l’UCI sort les crocs tout de suite pour montrer patte verte, et pour que son alinéa bidon, je parle de l’objet, rentre bien dans la tête des coureurs. Elle a oublié que ce qui compte le plus dans une règle, c’est l’esprit de la règle. Et là, en enlevant les nuances, on enlève l’esprit.  

 Ça peut brouiller le message 

 Avec ce que vient de faire l’UCI, on est en train d’opposer l’écologie et le cyclisme, en gros. Et personne n’a rien à gagner à de telles caricatures. Ça veut dire quoi ? Qu’il faut absolument choisir, soit on défend l’environnement, soit on respecte les traditions qui font le sel des grandes courses populaires ? C’est un peu binaire comme raisonnement. Ça ne semble quand même pas si compliqué d’interdire les jets de bidons dans la nature mais de les autoriser pour combler les spectateurs. Et c’est avec ces nuances que les fans de cyclisme seront sensibilisés à la défense de l’environnement. Pas si on leur interdit de rêver au nom de l'écologie. Si on leur enlève ce rapport si particulier avec les coureurs, dans un sport gratuit et populaire, ce qu’on risque, c’est d’arriver à l’effet inverse. Que les coureurs comme les suiveurs se braquent. Respecter l’environnement, ça ne peut pas vouloir dire couper le cyclisme de ses racines. Avouez que ce serait un comble de défendre la nature en dénaturant un sport."    

Europe 1
Par Virginie Phulpin