Tour de France : "J’étais un bon coureur, je suis devenu un très bon coureur" avec le Maillot jaune, insiste Thierry Marie

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Le Maillot jaune fête son centenaire. À cette occasion, chaque jour de la semaine, Europe 1 fait témoigner un ancien porteur de la célébrissime tunique. Ce matin, Axel May a rencontré Thierry Marie, Maillot jaune à l’issue de sa victoire lors de la 6ème étape du Tour de France 1991.
INTERVIEW

C'est à ce jour la deuxième plus longue échappée solitaire victorieuse de l'histoire du Tour, 234 km, juste derrière Albert Bourlon en 1947 (253 kilomètres). Thierry Marie a réalisé cet exploit lors de sa victoire dans la 6ème étape du Tour de France 1991, reliant Arras au Havre. À l'arrivée en Normandie, sa région natale, Marie avait conservé suffisamment d'avance pour endosser le Maillot jaune pour la cinquième fois de sa carrière.

"J’étais placé au général, j’avais pas du tout intérêt à faire cette échappée-là parce qu’il y avait un contre-la-montre deux jours après, donc il fallait que je me tienne à carreau", explique Thierry Marie au micro d'Europe 1. "Mais j’ai eu un coup de folie. Il y a eu une opportunité avec une échappée et j’en ai profité pour continuer. Il restait 234 km, j’avais une minute d’avance au départ, et je me suis dit 'On y va, on tente le pari'. Au début, c’est l’étape, puis le Maillot jaune vient ensuite. Je voulais traverser la Normandie avec le Maillot jaune."

"Avec la manière dont je suis allé le chercher, c’est pour moi une fierté"

Déjà vainqueur du prologue lors de la 1ère étape du Tour 1991, le Normand se souvient que porter le Maillot jaune dans sa région natale a été quelque chose d’incomparable.

"Au Havre, ça a été extraordinaire, j’ai eu un accueil exceptionnel. Pour moi, c’est ma plus belle victoire. Je me souviens quand mes parents sont venus me voir à l’hôtel. J’étais un bon coureur, je suis devenu un très bon coureur. Il y a une reconnaissance, il y a le Maillot jaune, c’est fabuleux. Avec la manière dont je suis allé le chercher, c’est pour moi une fierté."

Mais le Normand n’a pu le conserver que deux jours. Lors de la 8ème étape, un contre-la-montre, il le céda à l’Américain Greg LeMond.

"Après le contre-la-montre, je ne pouvais pas garder mon Maillot jaune, car je n’avais plus rien dans les jambes, et la fatigue, je ne vous raconte pas…", sourit Thierry Marie. "Trois, quatre jours à m’en remettre." Mais les maillots sont toujours là, rappelle-t-il. "J’ai encore les premiers (entre 1986, 1990 et 1991, le Normand a porté la tunique dorée pendant sept jours au total, ndlr). Il y en a un qui est encadré chez ma mère. Au moins celui-là, il ne va pas s’échapper."