Rugby : les nouveaux aveux qui fragilisent Bernard Laporte

Bernard Laporte et Mohed Altrad, en février dernier.
Bernard Laporte et Mohed Altrad, en février dernier. © Franck PENNANT / AFP
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T.M.
La démission et les aveux d'un membre de la commission d'appel de la FFR mettent un peu plus dans l'embarras Bernard Laporte, accusé d'entretenir des liens d'affaires avec le président de Montpellier.

La position de Bernard Laporte à la tête du rugby français paraît chaque jour un peu plus fragile. Le 13 août dernier, le Journal du Dimanche révélait l'existence de relations d'affaires entre le président de la Fédération (FFR) et celui de Montpellier Mohed Altrad. La démission d'un membre de la commission d'appel de la FFR cette semaine, et surtout ses aveux, viennent confirmer un peu plus ces prétendus liens.

"J'ai été avisé que le président de la Fédération était intervenu pour demander que nous modifiions notre décision dans un sens beaucoup plus favorable à Montpellier", écrit Philippe Peyramaure dans une lettre que le JDD a pu se procurer. Datée du 24 août, elle est adressée à Jean-Daniel Simonet, président de cette commission.

Une allusion au mois de juin dernier. Cette allusion fait référence à un coup de téléphone échangé entre les deux hommes, le 30 juin dernier au matin. En substance, Bernard Laporte aurait demandé à Simonet de modifier les décisions prises la veille par ladite commission, et notamment celle actant la suspension de l'Altrad Stadium pour le premier match de Top 14 de la saison. "J’ai refusé de revoir ma position mais, étant minoritaire, mon opposition n’a pu avoir d’effet", écrit Peyramaure, alors que trois hommes siégeaient ce jour-là : Peyramaure, donc, Robert Malterre, vice-président de l'association de la Section paloise, et Jean-Daniel Simonet. Selon le JDD, ce dernier a envisagé de démissionner en fin de semaine, avant de se raviser.

Selon le JDD daté du 13 août dernier, les sociétés Altrad Investment Authority, propriété du président du MHR Mohed Altrad, et BL Communication, gérée par Laporte, ont signé en février un partenariat d'un an. Selon les termes de ce contrat, Mohed Altrad a "acquis l'exploitation de l'image" de l'ancien sélectionneur du XV de France (2000-2007) et secrétaire d'État aux Sports (2007-2009). "Le cahier des charges de cet accord est strict : Laporte est redevable de quatre interventions ou séminaires, à raison d'une journée minimum par événement. En contrepartie, dès la signature de l'acte, Altrad a versé 150.000 euros à BL Communication, hors frais de déplacement, de restauration et d'hébergement", expliquait encore l'hebdomadaire.

La candidature France 2023 en jeu. La ministre des Sports Laura Flessel est en droit de diligenter une quête de l'Inspection générale Jeunesse et Sports. Bernard Laporte, lui, est en pleine opération de soutien à la candidature de l'organisation de la Coupe du monde 2023. Une démarche encouragée par Emmanuel Macron et son gouvernement. Ainsi que par Mohed Altrad, partenaire de la candidature française.