Jean-Michel Aulas, pionnier du foot féminin en France : "Au départ, ce n'était pas un investissement financier"

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Jean-Michel Aulas n'est pas surpris par l'engouement suscité par l'équipe de France féminine.
Jean-Michel Aulas n'est pas surpris par l'engouement suscité par l'équipe de France féminine. © JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP
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Invité de l'interview éco, jeudi soir, sur Europe 1, le président de l'Olympique lyonnais ne se dit absolument pas surpris de l'engouement suscité par l'équipe de France à l'occasion de la Coupe du monde féminine.
INTERVIEW

Il est parmi les premiers à y avoir cru en France. En 2004, Jean-Michel Aulas créait la section féminine de l'Olympique lyonnais ; quinze ans plus tard, c'est peu dire qu'il a vu juste. D'abord parce que son équipe a obtenu de superbes résultats sur le plan sportif, avec treize titres de champion de France et six Ligues des champions. Mais aussi parce que l'affaire se révèle aujourd'hui très porteuse, sous l'impulsion d'une Coupe du monde en France déjà réussie. Mais "JMA" l'assure, sur Europe 1 : "Au départ, ce n'était pas un investissement financier. C'était plutôt un investissement à caractère social".

"Cette dynamique est absolument extraordinaire"

"Il y a tout d'abord le coup de cœur, parce que ça correspond à une philosophie qui me caractérise : dans toutes mes entreprises, que ce soit dans le sport mais aussi dans le digital et bien d'autres, j'ai toujours privilégié une forme de mixité, d'équité en matière de travail. On sait que d'une manière plus systématique, les femmes au travail, au sport, ont des qualités que n'ont pas obligatoirement tous les hommes", loue le patron de l'OL à la veille du quart de finale des Bleues contre les États-Unis.

Écoutez l'interview intégrale de Jean-Michel Aulas à 22h20 dans le journal de la nuit d'Isabelle Millet. Le replay de l'émission est à retrouver ici.

Jean-Michel Aulas n'est d'ailleurs pas surpris par l'engouement suscité aujourd'hui par l'équipe de France. "On l'avait quelque peu anticipé mais ceci étant, cette dynamique est absolument extraordinaire", reconnaît-il. "D'une part, parce que nous avons un public qui est mature en matière de football féminin, un peu grâce à l'Olympique lyonnais, et puis parce que c'est une tendance mondiale. Aujourd'hui, tous les ingrédients du football féminin, mais aussi du sport féminin de manière générale, sont au plus haut."

"Les tarifs ont évolué"

Lui-même bénéficie déjà des retombées de cet emballement : "Le phénomène qui envahit aujourd'hui les médias touche déjà l'Olympique lyonnais". Les investisseurs "ne disent pas qu'ils ont envie de mettre plus de sous, mais nous, on leur indique que les tarifs ont évolué", confesse-t-il.

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En France et en Europe, de plus en plus de clubs se mettent au football féminin, à l'image du FC Barcelone, qui investit beaucoup dans ce domaine. De là à remettre en cause l'hégémonie lyonnaise en Europe ? "L'expérience du Paris Saint-Germain chez les garçons démontre que l'argent ne fait pas tout et que la régulation doit intervenir", veut croire Jean-Michel Aulas, un brin taquin. "C'est aussi ça l'espoir d'un sport au féminin. Mais indéniablement, la compétition sera encore plus dure dans le futur."

C'est aussi le cas pour les joueuses de Corinne Diacre. Avant de pouvoir rêver d'une finale, le 7 juillet au Groupama Stadium, à Lyon donc, il faudra passer la montagne américaine. Et si le secret, c'était d'oser y croire ?

Europe 1
Par Thibauld Mathieu