Cinq idées reçues sur le foot féminin

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La dernière rencontre entre Lyon et le PSG en championnat de France a rassemblé plus de 25.000 spectateurs. Un record en France.
La dernière rencontre entre Lyon et le PSG en championnat de France a rassemblé plus de 25.000 spectateurs. Un record en France. © JEFF PACHOUD / AFP
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La Coupe du monde féminine, qui débute dans quelques jours en France, nous donne l'occasion de battre en brèche certaines idées reçues qui collent au football féminin. 

Le football féminin est en pleine croissance. L'engouement sans précédent en France autour de la Coupe du monde montre que la discipline a de l'avenir. Encore loin des standards du foot masculin, notamment au niveau économique, le foot féminin souffre aussi de nombreuses idées reçues, dont il peine à se débarrasser.

Idée reçue n°1 : ça n'intéresse personne

Il est évident que les audiences du football féminin sont sans commune mesure avec celles du football masculin. Mais elles ne sont pas nulles pour autant. D'abord, les diffuseurs sont au rendez-vous. Canal + diffuse depuis cette saison l'intégralité des rencontres de D1 féminine (championnat de France) ainsi que les rencontres européennes de l'Olympique Lyonnais. L'affiche PSG - Lyon, diffusée le dimanche 18 novembre sur Canal + à 21 heures, avait rassemblé 462.000 téléspectateurs en moyenne. La finale de la Ligue des champions, diffusée en clair sur TMC le 18 mai dernier, a rassemblé plus de 780.000 téléspectateurs en moyenne.

Quant à la Coupe du monde, l'intégralité sera diffusée par TF1 et Canal +. La compétition sera retransmise dans 200 pays, et la FIFA vise un milliard de téléspectateurs cumulés. 

Du côté de la pratique, la FFF recensait près de 165.000 licenciées sur 2,2 millions au total en juin 2018. Après le titre des messieurs en Russie, la Fédération a enregistré une hausse de licenciées de 15 %. Et à titre de comparaison, en 2011, elles étaient 78.000. 

 

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Idée reçue n°2 : les stades sont vides

Là encore, les contre-exemples sont multiples. Des records de fréquentation ne cessent d'être battus un peu partout. En France, le record date du 13 avril dernier : 25.900 spectateurs ont assisté au match de D1 féminine Olympique Lyonnais - PSG au Groupama Stadium de Lyon. Le record pour un match féminin de clubs a été battu lors de l'affiche Atletico Madrid - FC Barcelone en mars 2019, avec plus de 60.000 spectateurs. 

Si l'on inclut les matchs de sélections nationales, le record grimpe à 90.000 spectateurs. Il s'agit de la finale de la Coupe du monde 1999 entre les États-Unis et la Chine, au Rose Bowl de Pasadena, en Californie. Pour la Coupe du monde 2019, près de 800.000 billets sur 1,3 million ont déjà trouvé preneur. Sept rencontres sont d'ores et déjà complètes : le match d'ouverture France - Corée du Sud au Parc des Princes, Nigéria - France à Rennes, les demi-finales et la finale notamment.

Idée reçue n°3 : moins rapides, moins puissantes... les joueuses n'ont pas de physique

La morphologie d'une femme n'a rien à voir avec celle d'un homme, c'est un fait. Dans une interview accordée à 20 Minutes en 2011, Patrice Lair (alors entraîneur de l'équipe féminine de l'Olympique Lyonnais) reconnaissait que les joueuses sont moins puissantes que les joueurs. "C’est en passe d’évoluer. À Lyon, on a beaucoup travaillé sur la puissance, tout en conservant les qualités de base des joueuses", poursuivait le coach.

"La seule différence est encore physique mais sur le plan de l'endurance, du collectif, le football féminin a comblé ses retards", déclarait pour sa part Jean-Michel Aulas avant la finale de la Ligue des champions féminine, sur France Info.

Plus le football féminin se professionnalisera, plus cette différence tendra à se réduire. Si les femmes sont moins fortes que les hommes en valeur absolue, leur force musculaire rapportée à leur masse musculaire se rapproche de celle des hommes, comme l'expliquait Frédéric Aubert, ancien préparateur physique de l'équipe de France, dans une interview au magazine Vestiaires en 2015, relayée sur le site Foot d'Elles

Actuellement, les joueuses de l'équipe de France féminine suivent une préparation intense qui se rapproche de celle des joueurs, comme l'illustrent les vidéos partagées par la FFF.

Idée reçue n°4 : les joueuses sont "trop sages", sur le terrain et en dehors

On aurait souvent tendance à penser que les joueuses font moins de fautes sur le terrain et reçoivent moins de cartons. Pourtant, les statistiques de la dernière édition de la Ligue des champions sont claires. Sur les 29 matchs à élimination directe dans le tableau féminin, 72 cartons jaunes (2,5 par match) et 2 cartons rouges ont été distribués. Côté masculin, les joueurs ont reçu 101 cartons jaunes (3,6 par match) et 3 rouges en 28 matchs, en attendant la finale. Dans les matchs à fort enjeu, le jeu se durcit chez les dames comme les messieurs.

En dehors du terrain, tout n'est pas rose non plus. Joey Barton, Patrice Evra, Mario Balotelli... ils ont aussi leurs équivalents féminins. À commencer par Hope Solo, "joueuse la plus rock'n'roll du circuit" pour So Foot. Sur le terrain, c'était l'une des plus grandes gardiennes de l'histoire, bardée de titres avec la sélection américaine. En dehors, violences domestiques, alcoolisme et photos dénudées dévoilées sur internet ont marqué sa carrière. Celle-ci s'est achevée précipitamment, à la suite d'une suspension de 6 mois pour des propos (assumés) visant l'équipe de Suède : "On a joué contre une bande de lâches", avait-elle déclaré après l'élimination par les Suédoises. Sa compatriote Amy Wambach, joueuse Américaine la plus capée, a été arrêtée pour conduite en état d'ivresse quelques mois après la fin de sa carrière. 

Idée reçue n°5 : il n'y a pas de stars

Tout le monde ne serait pas capable de citer le nom d'une joueuse, certes. Il n'y a à l'heure actuelle aucun équivalent à Messi ou Ronaldo en termes de notoriété et de revenus, certes. Mais il existe bel et bien des stars dans le football féminin.

Citons tout d'abord Alex Morgan, la star n°1 du foot féminin au niveau mondial. Inclue par le Time parmi les 100 personnalités les plus influentes en 2019, elle compte plus de douze millions d'abonnés sur les réseaux sociaux. Très populaire aux États-Unis, elle est également connue en Europe depuis son bref passage à Lyon. 

À seulement 23 ans, la Norvégienne de l'Olympique Lyonnais Ada Hegerberg a vu sa notoriété grimper après l'obtention de son Ballon d'or en décembre 2018, le premier décerné à une femme. Cette pionnière au palmarès stratosphérique en club (cinq championnats, quatre Ligue des champions) devient l'une des grandes figures de la discipline, en Europe tout du moins. Sa décision de ne plus jouer en sélection, jugeant insuffisants les moyens mis en place par sa fédération, a contribué à accroître sa notoriété.