Biathlon : Marie Dorin-Habert raccroche définitivement les skis

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Marin Dorin-Habert prend sa retraite à 31 ans. © CHRISTOF STACHE / AFP
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A 31 ans, Marie Dorin-Habert a disputé dimanche la dernière course de sa carrière. La Française prend sa retraite après avoir marqué l’histoire de son sport.

Ce n’est sans doute pas la fin dont elle rêvait mais pas de quoi avoir de regrets non plus : Marie-Dorin-Habert a terminé 20e de la poursuite dimanche à Holmenkollen, en Norvège, comptant pour la Coupe du monde de biathlon, conclusion d’une belle et longue carrière. A 31 ans, la quintuple championne du monde peut se targuer d’avoir marqué l’histoire du biathlon français et se dit "soulagée d'en finir" mais aussi "consciente" de sa "chance", dans un entretien à l’AFP.

Dorin, vainqueur la veille du relais avec les Bleues, a eu beaucoup plus de mal pour ce qui constituait son ultime apparition sur le circuit. Elle boucle sa carrière sur 3 fautes au tir et a franchi la ligne d'arrivée avec 1 minute 47 sec 5 de retard sur Domracheva, après avoir tout de même pris le temps de saluer le clan français en bord de piste. 

Retraite méritée. La retraite, Marie Dorin-Habert l’a bien préparée et au moment de franchir le pas elle assure n’avoir aucun regrets : "Je me trouve plutôt chanceuse d'avoir fait cette carrière. Cela a été de belles rencontres, de belles expériences et un beau combat. J'en ressors sereine et heureuse". La saison de la quintuple championne du monde, tête d'affiche du biathlon tricolore féminin mais petit à petit lâchée par son corps, aura été un long chemin de croix jusqu’à… l’annonce de sa retraite. Libérée, elle a obtenu depuis de très bons résultats.

" Je retiens des moments humains, de partage "

En onze ans de carrière, Marie Dorin-Habert aura connu des hauts et des bas, des joies incommensurables et des galères terribles. Depuis ses débuts professionnels en 2007, la biathlète qui s’entraîne à la station des Laux, en Isère, est montée à 28 reprises sur la boîte en Coupe du monde, dont sept fois sur la plus haute marche. La dernière fois, c’était encore vendredi lors du relais féminin. Une jolie moisson entrecoupée de périodes difficiles durant laquelle Marie Dorin n’a jamais hésité à couper les ponts avec le biathlon pour se ressourcer. Ce fut le cas en 2014 quand elle donna naissance à sa fille après des Jeux ratés. C’est finalement en 2015-2016 qu’elle réalise sa meilleure saison en s’adjugeant la deuxième place du classement général de la Coupe du monde.

Quintuple championne du monde. En réalité, la Lyonnaise s’est révélée être une redoutable compétitrice sur les courses d’un jour puisqu’elle a conquis pas moins de cinq titres mondiaux (deux en 2015 et trois en 2016), auxquels il faut ajouter huit médailles d’argent et quatre de bronze, la plupart en relais féminin et mixte. Les mondiaux 2016 à Holmenkollen, en Norvège, resteront comme le pinacle de sa riche carrière avec six médailles en six courses dont trois en or.

Des JO sur courant alternatif. En revanche, l’histoire de Marie Dorin-Habert avec les Jeux olympiques est un peu plus chaotique. A Vancouver, en 2010 et à tout juste 23 ans, elle surprend tout le monde en allant chercher la médaille de bronze lors du sprint, et se révèle ainsi aux yeux du grand public. Quelques jours plus tard, elle s’élance en troisième position du relais et les Bleues se parent d’argent. Aujourd’hui encore, Marie Dorin garde un très bon souvenir de cette première expérience olympique : "L'endroit était fabuleux, avec de grands espaces, exactement l'idée que je me fais du sport nordique, de la nature. Je suis arrivée sans pression et ça s'est super bien passé".

" Je ne cherche pas du tout à ce que l'on continue à penser à moi "

En 2013, elle se blesse dès l’ouverture de la saison mais se bat pour participer aux Jeux de Sotchi trois mois plus tard. Malheureusement, elle est trop juste pour bien figurer et repart bredouille. Quatre ans plus tard, Marie Dorin arrive en outsider à Pyeongchang. Elle échoue au pied du podium sur le sprint mais c’est dans le collectif qu’elle s’exprime le mieux : elle glane le bronze avec ses copines de l’équipe de France mais surtout, elle décroche enfin son premier titre olympique dans le relais mixte.

Une championne discrète. Le collectif, c’est exactement que Marie Dorin-Habert gardera de ses onze années au plus haut niveau. "Je retiens des moments humains, de partage avec l'ensemble du groupe, la joie et les émotions au moment des bons résultats et le soutien de la famille, du staff quand les résultats étaient plus difficiles", explique-t-elle. "C'était de très belles années et je suis consciente de ma chance d'avoir pu m'épanouir dans ce sport et d'aller jusqu'au bout de mes capacités physiques et mentales en compétition."

Championne discrète, Marie Dorin-Habert sera restée humble jusqu’au bout. "Je n'ai pas l'impression de laisser une trace. Le sport de haut niveau est très éphémère. On est les champions d'un jour et le lendemain c'est un autre qui prend notre place, sauf quelqu'un comme Martin Fourcade qui marque une époque", lâche-t-elle. Et la biathlète de conclure : "Moi, j'ai fini mon temps. Derrière, il y a une équipe forte, il y aura d'autres bons résultats et on oubliera Marie Dorin. Je ne cherche pas du tout à ce que l'on continue à penser à moi." Désormais, elle se consacrera à un projet d’hôtellerie dans le Vercors avec son mari et à l’obtention de son Master 2 Biologie-Ecologie-Environnement.