Des oreilles à tirer

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La 10e étape du Tour de France, entre Limoges et Issoudun, a été totalement tronquée ce mardi. Les réfractaires à l'interdiction de porter des oreillettes ont chapardé la course en mettant tout en oeuvre pour qu'elle s'achève par un sprint massif. Ce qui n'a pas raté...

La 10e étape du Tour de France, entre Limoges et Issoudun, a été totalement tronquée ce mardi. Les réfractaires à l'interdiction de porter des oreillettes ont chapardé la course en mettant tout en oeuvre pour qu'elle s'achève par un sprint massif. Ce qui n'a pas raté...Pourtant entérinée de longue date, l'interdiction faite aux coureurs de porter des oreillettes sur les 10e et 13e étapes du Tour de France, courues ce mardi et vendredi prochain, a provoqué la colère à retardement des deux tiers du peloton. Seules six équipes sur vingt (Agritubel, Bouygues Telecom, Cofidis, la Française des Jeux, Garmin et Skil-Shimano) n'ont pas signé, avant le départ de Limoges ce matin, la pétition à l'initiative de Johan Bruyneel, le directeur sportif d'Astana, visant, au nom de la sécurité des coureurs, à faire revenir les organisateurs du Tour de France en arrière.C'est ainsi qu'un peloton de 171 unités privées de moyen de communication avec leurs directeurs sportifs s'est élancé de Limoges dans une ambiance tendue en ce jour de fête nationale. Après avoir essuyé un dernier refus de pouvoir équiper d'oreillettes deux coureurs par formation ou de limiter cette initiative à la seule 10e étape, les récalcitrants du peloton ont décidé de tout faire pour « pourrir » l'étape.Boyer: "Ce sport est gangréné par cinq ou six voyous"Un bras de fer gagné par le peloton qui, après avoir laissé quatre hommes s'échapper tout l'après-midi en les maintenant à distance grâce aux relais combinés de toutes les équipes mécontentes, est parvenu à rendre l'étape inintéressante au possible avec en bouquet final le sprint massif tant désiré. Ancien président de l'AIGCP (Association Internationale du Groupement Cycliste Professionnel), Eric Boyer, interrogé sur Eurosport durant l'étape, a dénoncé ces agissements avec véhémence. "Cela prouve encore que certains directeurs sportifs sont prêts à tout, a soupiré le manager de Cofidis. C'est la démonstration que ce sport est gangréné par cinq ou six voyous. Les autres ne font que suivre. Il faut vite s'en débarrasser pour que le cyclisme reparte. Ces personnes sont inexcusables, impardonnables. C'est une triste journée pour le Tour de France."Après l'escamotage des Pyrénées, par la faute ce coup-ci du tracé avec des cols escaladés bien trop loin des arrivées, l'étape de la fête nationale s'est révélée être une véritable mascarade. Et rien ne dit que la mauvaise blague ne se répètera pas vendredi prochain lors de la deuxième étape prévue sans oreillettes. A moins que d'ici là, les deux camps ne soient parvenus à trouver un terrain d'entente.

Europe 1
Par Rédaction Europe1.fr