Alpe d'Huez, le danger au tournant

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TOUR - Entre les deux montées hors catégorie, les coureurs devront descendre le dangereux col de Sarenne.

C'est une inauguration qui fait polémique. Jeudi, après avoir effectué la première des deux ascensions de l'Alpe d'Huez au menu de la 18e étape, les coureurs devront se lancer dans la dangereuse descente du col de Sarenne. Jean-François Pescheux, le directeur de course, l'a réaffirmé malgré les rumeurs : non, la seconde montée vers l'Alpe d'Huez aura bien lieu, et oui, il faudra bien en passer par cette descente étroite et escarpée qui peut vous envoyer dans le ravin à chaque virage. La Rai, chaîne de télévision transpalpine, avait laissé entendre que les mauvaises conditions climatiques attendues pourraient faire changer d'avis la direction de l'épreuve. Malgré les orages et la pluie attendus, ASO, l'organisateur du Tour de France, a donc mis fin au suspense et désavoué certains coureurs, comme Chris Froome.

meteo alpe d'huez

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Regardez le profil de cette étape spectaculaire :

FR - Analyse de l'étape - Étape 18 (Gap > Alpe...par tourdefrance

"Une descente vertigineuse". Ce moment inédit dans le Tour de France, les coureurs l'ont déjà vécu lors du Critérium du Dauphiné, le 8 juin dernier. L'étape avait été remportée par Samuel Sanchez, absent sur le Tour. Christophher Froome, actuel maillot jaune, avait terminé à 16", et Alberto Contador à 23". La veille de cette étape, un journaliste de L'Equipe avait repéré les lieux. "La descente est vertigineuse, très technique (...) C'est le manque d'adhérence qui créé la difficulté. Le vélo saute, rebondit dans tous les sens", rappelle-t-il dans le quotidien de jeudi, avant d'ajouter : "Le vide, omniprésent au bord de cette chaussée étroite et dépourvue du moindre parapet, fait redouter la moindre erreur de trajectoire". Ambiance.

Froome et Schleck sont contre. S'il n'a plus grand-chose à espérer au classement général (16e à plus de 23 minutes), Andy Schleck tient à sa vie. "Si tu as une crevaison avant un virage ou si tu sors de la route avec un peloton qui roule à bloc, tu ne tombes pas dans l'herbe. C'est une chute de 150, 300 mètres", commentait-il à Lequipe.fr. Le maillot jaune, lui, comptait sur la raison. "S'il se met à pleuvoir, j’espérais que les organisateurs prendraient la décision de ne faire la montée qu'une fois et de mettre l'arrivée en haut de la première. C'est uniquement une question de sécurité", tente-t-il de défendre.

"Il n'a qu'à freiner". Cette proposition a hérissé le poil de Bjarne Riis, le manager de la Saxo, dont Contador est le leader. "Froome a des freins sur son vélo, il n'a qu'à freiner s'il veut", lui a-t-il rétorqué. L'Espagnol, double vainqueur du Tour, et deuxième au général (à 4'34 de Froome), n'a pas abdiqué et compte bien attaquer le leader... qui s'attend à devoir défendre sa position. "Je sais que le Tour n'est pas fini. Les Espagnols et les Néerlandais vont m'attaquer. Nous allons disputer trois étapes difficiles et je m'attends à être attaqué de toutes parts", a-t-il admis à l'AFP. Cette 18e étape s'annonce en tous points spectaculaire.