Violences contre un artisan : 10 mois de sursis pour la soeur du prince héritier saoudien

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La sœur du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a été condamnée en son absence (photo d'illustration).
La sœur du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a été condamnée en son absence (photo d'illustration). © JACQUES DEMARTHON / AFP
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Hassa bint Salmane avait demandé à son agent de "protection rapprochée" de menacer, frapper et humilier un plombier auquel elle reprochait des photos volées. 

La sœur du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a été condamnée jeudi à Paris à dix mois de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende pour des violences infligées par son personnel à un artisan dans une résidence royale dans la capitale en 2016. Son avocat a immédiatement annoncé son intention de faire appel de ce jugement.

Visée par un mandat d'arrêt

Hassa bint Salmane, 42 ans, absente et visée par un mandat d'arrêt depuis décembre 2017, a été jugée début juillet au tribunal correctionnel de Paris pour avoir demandé à son agent de "protection rapprochée" de menacer, frapper et humilier un plombier auquel la princesse reprochait des photos volées.

La peine infligée à la sœur de l'homme fort de Ryad, surnommé "MBS", est plus lourde que celle requise par l'accusation. En juillet, la procureure avait demandé 6 mois avec sursis et 5.000 euros d'amende contre elle, considérant la fille du roi d'Arabie comme "l'autorité de fait dans cet appartement du 81 avenue Foch ce 26 septembre 2016" où les faits se sont déroulés. L'agent de "protection rapproché" et homme de confiance, Rani Saïdi, seul présent à l'audience, a été condamné à 8 mois de sursis et 5.000 euros d'amende, conformément aux réquisitions de la procureure.

Des faits remontant à septembre 2016

Ce 26 septembre 2016, Ashraf Eid, entrepreneur en bâtiment, se trouvait au 7ème étage d'une résidence de la famille royale saoudienne avenue Foch. Il repeignait des tables quand il a été appelé "en urgence" au 5ème étage, pour réparer une vasque endommagée. L'artisan a expliqué aux enquêteurs avoir pris avec son téléphone portable des clichés de la salle de bain où il devait intervenir : la princesse avait surgi dans la pièce, s'apercevant que le plombier avait pu "capter son reflet dans le miroir" et appelé son agent de sécurité.

A la barre, l'assistant personnel faisant office de garde du corps, dirigeant de la société "Attila sécurité", avait fermement nié toute violence, en dépit de traces sur les poignets et d'ecchymoses sur le visage du plaignant, qui s'était vu prescrire une ITT (incapacité totale de travail) de 5 jours.