Vaucluse : des partisans d’Erdogan font retirer des affiches du Point

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Selon "Le Point", une autre affiche a été retirée à Valence, dans la Drôme, par des militants pro-Erdogan.
Selon "Le Point", une autre affiche a été retirée à Valence, dans la Drôme, par des militants pro-Erdogan. © Capture d'écran
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En réaction à la Une du "Point" qui avait associé le mot "dictateur" à une photo du président turc, plusieurs militants du régime d'Ankara ont fait retirer des affiches du magazine dans les kiosques de Pontet.

Pour la mairie FN de Pontet, c'est un incident "inacceptable". L'Obs relate que le 25 mai près d'un kiosque de la commune située à quelques kilomètres d'Avignon, dans le Vaucluse, des soutiens au président turc Recep Tayyip Erdogan ont fait retirer des affiches d'un kiosque, qui faisaient la promotion du nouveau numéro du Point. En cause : la Une du magazine comportant la photo du président turc titrée "le dictateur".

Dans une vidéo publiée sur le compte Facebook "La Turquie contemporaine", on aperçoit une dizaine de personnes rassemblées autour d'un kiosque du centre-ville de Pontet qui accrochent une banderole à l'effigie d'Erdogan. "Vous enlevez celle-là, on enlève l'autre", glisse fermement l'un des hommes à l'employé du kiosque qui s'exécute. Il repart ensuite dans la camionnette floquée au nom du groupe publicitaire JCDecaux.

Une "affaire gravissime". Le directeur de la rédaction du Point Sébastien Le Fol a interpellé JCDecaux samedi sur Twitter qualifiant cet épisode "d'affaire gravissime". "Une réaction à cette vidéo hallucinante ? Est-ce bien l'un de vos agents qui retire l'affiche du 'Point' ?".

"Il s'agit au Pontet d'un cas isolé", a répondu sur Twitter Médiakiosk, la filiale de JCDecaux dédiée à la gestion des kiosques. "La liberté de la diffusion de la presse et son affichage sont indissociables", a ajouté le groupe JCDecaux.

"Je me suis fait interpeller par un passant qui m'a demandé si je n'avais pas honte d'afficher ça sur mon kiosque", a raconté l'un des kiosquiers au Point. "Il a fallu que j'explique que nous, kiosquiers, n'avions ni écrit les articles ni choisi d'afficher la une du 'Point' sur le kiosque".

Le maire a fait replacer l'affiche. Le maire frontiste Joris Hebrard a condamné "des menaces caractérisées à l'encontre de la kiosquière, contre l'afficheur du prestataire spécialisé dans le mobilier urbain publicitaire". L'élu a demandé à JCDecaux de replacer l'affiche et a indiqué qu'il allait saisir le procureur de la République pour qu'une enquête soit diligentée. 

L'affiche a été replacée samedi, dans l'après-midi, précise La Provence, sous la surveillance d'une vingtaine de gendarmes. Les militants pro-Erdogan étaient alors revenus sur place et ont demandé aux élus présents que l'affiche soit retirée, le tout, dans une ambiance "tendue", rapporte le quotidien régional. Le Point a pour sa part indiqué qu'une autre destruction d'affiche avait été signalée à Valence, dans la Drôme. 

Le Point dit être victime de harcèlement. Dimanche, l'hebdomadaire a dénoncé dimanche une campagne de "harcèlement" contre son dernier numéro. "Après une semaine de harcèlement, d'insultes, d'intimidation, d'injures antisémites et de menaces à notre attention sur les réseaux sociaux, voici venu le moment où les sympathisants (du parti du président turc) AKP s'attaquent aux symboles de la liberté d'expression et de la pluralité de la presse", a dénoncé Le Pointdans un article paru sur son site internet.