Une victime de violences policières : " J'ai reçu des coups de taser, de genoux"

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Dans la majorité des cas, les faits reprochés à la police sont des faits de violences volontaires.
Dans la majorité des cas, les faits reprochés à la police sont des faits de violences volontaires. © ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
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Le nombre de plaintes à l'encontre des forces de l'ordre a augmenté de 22% en 2016. Des citoyens, comme Mahamadou, 19 ans, dénoncent des faits de violence.
TÉMOIGNAGE

La police des polices ne chôme pas en ce moment. Le nombre de plaintes à l'encontre des forces de l'ordre a augmenté de 22% en 2016. Ce sont essentiellement des faits de violences qui sont dénoncés comme cette interpellation violente à Bobigny, il y a dix jours.

"J'ai eu peur ce jour-là". Un passant filme alors la scène (voir la vidéo ci-dessous). On y voit un jeune homme à terre à côté de sa voiture, étranglé par un policier. C'est Mahamadou, 19 ans, casier judiciaire alors vierge, qui cherche à percer dans le cinéma.

Dix jours après, il confie être encore choqué. "Ils sont arrivés vers moi, ils m'ont sauté dessus, ils ne m'ont pas laissé le temps de leur parler. Ils m'ont traîné par terre, j'étais au sol, ma tête était pas loin du trottoir. J'ai reçu des coups de taser, des coups de genoux, des coups de matraque…", explique-t-il au micro d'Europe 1. "Le pire, c'est l'étranglement. Je ne résistais plus à ce moment-là déjà. Je voudrais savoir pourquoi ils continuaient à m'agresser alors que j'étais au sol, immobilisé. Se faire malmener par des policiers, c'est dur. J'ai eu peur ce jour-là", ajoute le jeune homme, blessé au tibia notamment et qui a mis plusieurs jours à retrouver le sommeil.

Une plainte des policiers. Deux jours plus tôt, il avait en fait déjà croisé ces policiers en plein contrôle. L’un d’entre eux l’avait accusé de filmer la scène avec son téléphone, ce que le jeune nie. Après un échange d'insultes, Mahamadou avait pris la fuite, ce qui explique cette interpellation qui a mal tourné. Le jeune homme a déposé plainte auprès de l'IGPN mais en attendant qu'elle débouche sur une enquête, c'est lui qui a été condamné en comparution immédiate à un mois de prison avec sursis. Comme systématiquement lorsqu’une interpellation violente, les policiers avaient porté plainte pour violence, outrage et rébellion.

Europe 1
Par Salomé Legrand édité par C.O.