"On peut agir partout, notamment en territoire hostile", témoigne un ancien commando Hubert

, modifié à
  • A
  • A
Des membres du commando Hubert en 2017 à Toulon. 2:40
Des membres du commando Hubert en 2017 à Toulon. © BERTRAND LANGLOIS / AFP
Partagez sur :
Un ancien membre du commando marine Hubert a accepté de témoigner au micro de Wendy Bouchard de la difficulté d'intégrer les forces spéciales, alors que la nation rend hommage mardi à Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello. 
TÉMOIGNAGE

C'est un des hommes de l'ombre qui a connu le quotidien de Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello, les deux commandos de Marine tués en libérant des otages au Burkina Faso. Cet homme, qui a servi pendant 12 ans dans le commando Hubert, est un expert en contre-terrorisme et libération d'otages. Toujours en activité dans l'armée, il témoigne anonymement au micro de Wendy Bouchard, quelques minutes avant l'hommage d'Emmanuel Macron et de la nation toute entière à ses "frères d'armes" qu'il vient de perdre, de la difficulté d'intégrer un commando. 

"Pour intégrer le commando Hubert, il faut passer par des stages longs et éprouvants de plusieurs mois", explique ce militaire qui a opéré en Afghanistan et en Afrique. "C'est pour cela que l'on appelle ça une unité d'élite. Dans le monde entier, les sélections sont draconiennes : il faut faire preuve de volonté, d'abnégation et de persévérance. Mais surtout, je pense qu'il y a une petite part d'inné chez certaines personnes", décrit-il, avant de résumer : "Entrer dans une unité d'élite, c'est très compliqué".

"On peut agir partout, on s'entraîne pour pouvoir le faire dans les conditions les plus difficiles, notamment en territoire hostile"

Des sept commandos marine, le commando Hubert est certainement le plus prestigieux, car les hommes qui le composent sont exceptionnels. "On peut agir partout, on s'entraîne pour pouvoir le faire dans les conditions les plus difficiles, notamment en territoire hostile. La plupart du temps, là où l'on agit on est tout seul. La population ne vous est pas forcément favorable, c'est très compliqué", livre sans plus de détails l'ex-commando. 

Quant à l'hommage national qui est rendu à Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello, le militaire est sur la même longueur d'onde que l'ancien commandant des opérations spéciales de 2004 à 2007 Benoît Puga, et préfère mettre en avant le respect et l'honneur, plutôt que les pleurs. "C'est un moment émouvant pour moi, je perds deux frères d'armes, mais c'est un profond honneur qu'on leur dédie. A eux, leur famille, et à ces groupes qui sont capables d'agir comme cela". 

Europe 1
Par Ugo Pascolo