Un Allemand expulsé de France avant le G7 : "On tombe dans une paranoïa d'État", dénonce son avocate

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Le tribunal administratif étudie vendredi matin le recours d'un Allemand expulsé de France avant le G7 de Biarritz. Son avocate conteste un "procès d'intention" au micro d'Europe 1.
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Les premières interdictions de territoire ont été prononcées avant le G7 de Biarritz, qui aura lieu du 24 au 26 août prochains. Un ressortissant allemand de 38 ans a ainsi été expulsé de France, vendredi, après avoir été interpellé lors d'un banal contrôle routier. Luc, 38 ans, employé saisonnier en France, est soupçonné par les autorités de vouloir participer au contre-G7 d'Hendaye, non-loin de Biarritz.

Cet Allemand a interdiction de revenir dans l'Hexagone jusqu'au 29 août, malgré son emploi. Il a déposé un recours devant le tribunal administratif, qui sera étudié vendredi matin. Son avocate, Me Muriel Ruef, dénonce une mesure excessive au micro d'Europe 1.

Entendu sur europe1 :
Il n'y a, à notre connaissance, pas de procédure à son encontre en Allemagne

"Il est parti sans même prendre trois affaires et a été conduit manu militari à la frontière", rappelle l'avocate. "L'arrêté est très clair, il évoque deux faits. D'une part, cette personne serait soupçonnée en Allemagne de violences lors du G20 à Hambourg. [Or] il n'y a, à notre connaissance, pas de procédure à son encontre en Allemagne. L'autre fait : il a eu un simple contrôle d'identité près de Bure, en compagnie d'opposants au projet Cigéo."

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Entendu sur europe1 :
Je ne vois pas en quoi le comportement de cette personne constitue un danger
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"On demande à un juge de vérifier la légalité et la proportionnalité de cette mesure", explique l'avocate pour justifier le recours devant le tribunal administratif. "On a encore une fois une loi qu'on nous a vendu comme étant une loi visant à lutter contre le terrorisme utilisée contre quelqu'un qui est seulement un opposant politique. Je ne vois pas en quoi le comportement de cette personne constitue un danger."

Pour Me Muriel Ruef, "on en vient à des procès d'intention : on pense qu'il a éventuellement, selon son comportement, des intentions de se rendre à un endroit où ça peut être potentiellement dangereux." Et de conclure : "On tombe dans une paranoïa d'État et on vient à prendre des mesures qui sont très attentatoires aux libertés individuelles, absolument pas justifiées dans les faits." La réponse du tribunal administratif sera connue dans la journée.

Europe 1
Par Salomé Legrand, édité par Thibaud Le Meneec