Attentat du Thalys : "On était acculés comme dans une souricière", raconte l'acteur Jean-Hugues Anglade

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L'attentat déjoué du Thalys avait eu lieu en août 2015. 1:38
L'attentat déjoué du Thalys avait eu lieu en août 2015. © Lionel BONAVENTURE / AFP
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Au procès de l'attaque de l'attentat déjoué du Thalys d'août 2015, l'acteur Jean-Hugues Anglade, connu notamment pour son rôle dans la série "Braquo", a raconté à la barre ce moment d'angoisse. Présent dans le train avec femme et enfants, il a été "choqué" par l'attitude du personnel du train.  
TÉMOIGNAGE

"On est restés là, seuls, totalement abandonnés." L'acteur Jean-Hugues Anglade, qui se trouvait dans le Thalys Amsterdam-Paris lors de l'attentat déjoué d'août 2015, a raconté lundi lors du procès comment lui et sa famille se sont retrouvés "acculés dans une souricière" alors qu'ils essayaient de fuir le tireur. L'acteur, qui rentrait de week-end avec sa compagne et ses enfants de 13 et 14 ans, était dans le wagon voisin de celui où est monté Ayoub El Khazzani, muni d'une kalachnikov et de près de 300 munitions.

"Seuls, abandonnés, impuissants"

Dans le Thalys, l'acteur connu notamment pour son rôle dans La Reine Margot explique à la barre avoir vu soudainement débarquer dans sa voiture un contrôleur et deux hôtesses de restauration courir et hurler en anglais : "Il tire sur des gens". Les trois employés se ruent dans le "fourgon", un local qui se verrouille de l'intérieur, situé à l'avant de la voiture.

Pris de peur, l'acteur et d'autres passagers s'y précipitent, demandent à ce qu'on leur ouvre la porte. "Ils ne voulaient pas. On aurait au moins pu mettre en sécurité les enfants. Ca m'a beaucoup choqué", dit Jean-Hugues Anglade, qui avait vivement critiqué le personnel du Thalys dans les médias après l'attaque. "On est restés là, seuls, abandonnés, impuissants. D'où mon mécontentement. On était acculés comme dans une souricière".

"S'imaginer mourir sous les balles d'une kalachnikov c'est assez peu commun, je préfère mourir sur scène" a-t-il également lancé. 

"On pensait que c'était le carnage"

De l'autre côté de la porte du "fourgon", le contrôleur s'était déjà expliqué sur son geste jeudi, à la cour d'assises spéciale. "On pensait que c'était le carnage. Je n'étais plus moi-même, j'étais comme un animal qui cherche à fuir son prédateur", avait-il témoigné. Reste que l'homme a tout de même protégé cinq personnes qu'il a fait descendre du train en urgence, dès que cela a été possible.

De son côté, Jean-Hugues Anglade était sorti indemne de cette expérience traumatisante, à l'exception d'une légère blessure à la main après avoir brisé une vitre protégeant un bouton d'alarme.

Europe 1
Par Gwladys Lafitte, édité par Ugo Pascolo avec AFP