Procès de l'attaque du Thalys : le tireur admet "l'ensemble des faits" puis se rétracte

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 Ayoub El KhazzanI
Ayoub El Khazzani a changé sa version lors de la première journée d'audience. © Elisabeth De Pourquery / AFP
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Le procès du tireur de l'attaque du Thalys s'est ouvert lundi devant la cour d'assises spéciale à Paris. Au cours de la première journée d'audience, Ayoub El Khazzani a d'abord reconnu "l'ensemble des faits" avant de nier avoir souhaité commettre un attentat de masse et de maintenir qu'il ne visait que les soldats américains.

Au premier jour du procès de l'attaque du Thalis, le président est longuement revenu sur la journée du 21 août 2015. Il a demandé à l'accusé s'il reconnaissait "l'ensemble des faits". "Oui, l'ensemble", répond Ayoub El Khazzani, Marocain de 31 ans, chemise en jean ouverte sur un t-shirt blanc avant de changer d'avis deux heures plus tard. Les juges cherchent en effet à déterminer s'il l'accusé planifiait un attentat de masse ou s'il ne visait que les soldats américains. C'est vers cette dernière version que Ayoub El Khazzani s'est porté dans la seconde partie de l'audience.

Un changement de discours pendant l'audience

"C'était pas pour massacrer, c'était pour les soldats américains", a-t-il dit dans un second temps. Un revirement qui a provoqué l'exaspération du président. "Je vous ai posé trois fois la question", souligne le magistrat, demandant à nouveau à El Khazzani, qui insiste pour s'exprimer dans un français hésitant,  de ne pas se priver de l'interprète pour que ses explications soient "plus fluides".  

Aux enquêteurs, il avait expliqué que ses cibles désignées étaient les Américains uniquement, assurant qu'il savait qu'ils étaient militaires malgré leur tenue de vacanciers. "Je suis désolé pour les victimes", "je suis hanté" dit El Khazzani. À bord du Thalys Amsterdam-Paris, El Khazzani était sorti des toilettes, torse nu, kalachnikov en bandoulière et avait tiré au pistolet sur un passager qui lui avait arraché sa kalachnikov, le blessant gravement, avant d'être maîtrisé par d'autres, dont deux militaires américains en vacances.

"J'étais dans un autre monde, j'ai menti sur tout"

Mais ces modifications de sa version ne concernent pas seulement le jour de l'attaque mais aussi son parcours avant ce dernier. Interrogé pendant l'après-midi sur son parcours avant l'attentat, El Khazzani évoque son enfance au Maroc puis en Espagne, la découverte de la religion via son frère ou encore comment à 18 ans, il se met à consommer de la cocaïne et vendre de la drogue à Madrid. Il évoque aussi son départ pour la France début 2014, puis vers la Belgique. En mai 2015, il décide de rejoindre l'Etat islamique en Syrie.

Sur plusieurs points, sa version change par rapport aux précédentes, collant désormais à celle des enquêteurs. Non, il n'a pas dormi dans la rue à Bruxelles avant de partir en Syrie; il était chez sa sœur. "Pourquoi aviez-vous menti ?", demande plusieurs fois le président. "J'étais dans un autre monde, j'ai menti sur tout", répond-il. L'audience reprend mardi avec l'examen de personnalité des autres accusés. Les jeunes Américains aujourd'hui ex-militaires de 28 ans seront entendus à partir de jeudi. Le verdict est attendu le 17 décembre.

Europe 1
Par Europe 1 avec AFP