Tests à la discrimination à l'embauche : les résultats annoncés fin mars

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Le ministre de la Ville et du Logement a rappelé que le taux de chômage dans les quartiers était presque trois fois supérieur au reste du territoire.
Le ministre de la Ville et du Logement a rappelé que le taux de chômage dans les quartiers était presque trois fois supérieur au reste du territoire. © Eric FEFERBERG / AFP
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Les résultats des tests conduits en entreprise par le gouvernement autour de la discrimination à l'embauche seront révélés fin mars, a annoncé dimanche Julien Denormandie, ministre de la Ville et du Logement, sur France Inter.

"Dix-mille tests" à la discrimination à l'embauche, promis par Emmanuel Macron lors de l'annonce de ses mesures pour les banlieues, sont en cours, a affirmé dimanche le ministre de la Ville et du Logement Julien Denormandie. Les résultats de ce "testing" anonyme effectué dans "plusieurs dizaines d'entreprises" seront rendus fin mars, a précisé Julien Denormandie lors de l'émission Questions politiques sur France Inter. "Dans nos quartiers, le taux de chômage avoisine les 25%", contre un peu plus de 9% sur l'ensemble du territoire, a-t-il rappelé.

"Une sorte de promesse républicaine non-tenue". Il s'agit de "la plus grande enquête" par le biais de tests jamais réalisée, a-t-il précisé. "On prendra des décisions au regard des comportements", a encore souligné Julien Denormandie, précisant que son "objectif" était de pointer du doigt publiquement (via le "name and shame") les entreprises qui pratiqueront ces discriminations.

"Imaginez que vous êtes un jeune des quartiers qui a fait des études, dont la famille a fait des efforts, à qui la République vous a donné l'accès à l'école, et qu'à la fin vous avez une barrière devant vous", a affirmé le ministre. Or, "cette discrimination, plus vous avez fait des études, plus elle est forte", a-t-il souligné, évoquant "une sorte de promesse républicaine non-tenue".

40 entreprises testées par an. En mai 2018, Emmanuel Macron avait annoncé que les entreprises du SBF120, qui composent l'indice boursier regroupant les 120 principales valeurs françaises, seraient en trois ans soumises à des "testing" (tests anonymes) pour détecter les cas de discrimination à l'embauche, au rythme de 40 par an. "Nous allons généraliser le testing, vérifier les comportements et s'assurer qu'il n'y a pas de discrimination à l'embauche. Les entreprises du SBF120 commenceront le testing avec 40 entreprises par an et 120 seront testées en 3 ans", avait déclaré le président de la République, en présentant ses mesures pour les banlieues.

Dans les 1.300 quartiers prioritaires en métropole, le chômage touche un quart de la population en 2016 contre moins de 10% ailleurs. Parmi les moins de 30 ans, le taux de chômage atteint 35%.