Son père joue au tiercé tous les jours : "Ça devient une addiction"

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Lina a toujours vu ses parents jouer au tiercé et perdre plus d’argent qu’ils n’en gagnaient. Selon elle, c’est une addiction. Au micro d’Olivier Delacroix, sur "La Libre antenne" d’Europe 1, Lina explique que pour ses parents, immigrés originaires de l’Île Maurice, les jeux d’argent sont un eldorado.
TÉMOIGNAGE

Les parents de Lina ont toujours joué au tiercé. Selon Lina, ses parents immigrés originaires de l’Île Maurice voyaient dans les jeux d’argent un eldorado. Aujourd’hui, sa mère est décédée, mais son père continue à jouer au tiercé tous les jours. Lina le voit comme une addiction, mais reconnaît le plaisir que le jeu procure à son père. Au micro de "La Libre antenne", Lina s’inquiète pour son père car ce dernier dépense aux jeux environ 500 euros tous les mois, alors qu’il touche une petite retraite.

"Mes parents jouent au tiercé. Ma mère est décédée, mais mon père y joue toujours. C'est impressionnant. Je suis immigrée de l'Île Maurice. Pour mes parents, le tiercé a toujours été quelque chose d’extraordinaire. Il fallait qu’ils y jouent, parce que pour eux, c’était l'eldorado. Moi, je n’ai jamais adhéré à ce genre de choses parce que je ne suis pas joueuse. Aussi, j’ai vu mes parents jouer depuis toute petite. Ils dépensaient beaucoup plus que ce qu'ils ne gagnaient.

" C’est comme une drogue "

Je me rappelle de ma mère qui regardait la télé et lisait son paquet de journaux. Je ne sais pas ce qu’elle regardait et comment elle analysait les choses, mais c'était son truc. Mon père jouait aussi. Je suis issue d'une famille d'ouvriers. On n’avait pas beaucoup de revenus, mais ils voulaient absolument jouer au tiercé pour gagner le gros lot. Je me rappelle que ma mère avait gagné quand j’avais 10 ans. J’en ai 49 aujourd’hui. Elle avait gagné 45.000 francs à l’époque. Ils étaient tous contents. On a fait des fêtes. Ça les a propulsés dans une espèce de bien-être, mais ils ont tout flambé aussi sec. 

Ma mère est décédée. Le plaisir de mon père, c'est toujours d'aller jouer au tiercé tous les jours. Il joue aussi loto et à des jeux de grattage. Il adore ça. Il ne voit que par ça. Peut-être est-ce une façon de s’élever dans l'échelle sociale, parce qu’il va gagner de l'argent, voire le gros lot. Mais c’est un leurre. Moi qui ne suis pas une grande joueuse, je joue au loto de temps en temps. Je gagne quelques euros et je suis très contente. C’est juste pour le fun. Mais pour mon père, ça devient une addiction. 

 

On a l’impression que ceux qui jouent veulent s’extirper d’une situation et devenir riche. C’est comme une drogue. C’est de l'adrénaline. Mon père est comme ça. À 15 heures, il faut absolument qu’il regarde les résultats de la course du jour. Ce qui est dangereux, c’est qu’il dépense 400 ou 500 euros par mois pour ça, alors qu’il a une petite retraite. Mais je vois qu'il est heureux et tant mieux pour lui. Ça lui procure du bonheur. Il vaut mieux qu’il fasse ça plutôt qu’il boive."

Europe 1
Par Léa Beaudufe-Hamelin