Sommet sur la biodiversité : "J'en appelle à la conscience individuelle", lance le président du Muséum national d'Histoire naturelle

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Alors que s'ouvre à Paris lundi un sommet sur l'état de la biodiversité mondiale, le président du Muséum national d'Histoire naturelle en appelle à la "conscience individuelle de chacun" sur "l'urgence à agir" pour la biodiversité.
INTERVIEW

Des scientifiques et des diplomates de 130 pays se réunissent à l'Unesco à Paris à partir de lundi pour adopter la première évaluation mondiale des écosystèmes depuis près de 15 ans, un sombre inventaire de la nature vitale pour l'humanité. Bruno David, président du Muséum national d'Histoire naturelle, en appelle "à la conscience individuelle de chacun" au micro d'Europe 1 lundi, car "il y a urgence pour agir".

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"L'interaction entre le climat et la biodiversité est très étroite"

Le constat des 150 scientifiques qui ont travaillé pendant trois ans sur le rapport de la plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) qui va être présenté est alarmant : entre 500.000 et un million d'espèces devraient devenir menacées. Face à ce constat, Bruno David attire tout particulièrement l'attention sur "la disparition de la micro-biodiversité, celle des sols, du plancton océanique qui nous fournit la moitié de notre oxygène."

Le principal problème de ce plancton méconnu est l'acidification des océans. "Donc on rejoint le problème climatique", précise le spécialiste. "C'est un problème global puisque l'interaction entre le climat et la biodiversité est très étroite. La biodiversité est un tissu de relations qu'on est en train de détricoter." C'est pourquoi il plaide pour une prise de conscience individuelle et collective. 

"La biodiversité est très résiliente"

Néanmoins il entrevoit des axes d'amélioration. "Ce qui peut rendre optimiste, c'est que la biodiversité est très résiliente. Elle est capable de cicatriser très vite. Par exemple, si on fait quelque chose dans les grandes plaines agricoles qui massacrent la biodiversité - il y a 40% d'oiseaux en moins en 30 ans -, ça peut revenir en quelques années si on change le modèle."

Il plaide par exemple pour que "l'argent de la politique agricole commune (PAC) aille pour une agriculture responsable plutôt que pour une agriculture trop industrialisée", tout en reconnaissant que "la France ne peut sans doute pas prendre les grandes décisions seule. Il faut agir sur les facteurs de pression sur la biodiversité : la pollution, l'exploitation des ressources, les usages des sols…", cite Bruno David.

Avant une réunion en 2020 en Chine des États membres de la Convention de l'ONU sur la diversité biologique (COP15), de nombreux experts espèrent que ce rapport de l'IPBES sera le prélude à un accord aussi marquant que celui de Paris sur le climat. Ce projet sera d'ailleurs discuté, amendé et adopté ligne par ligne par les délégués avant sa publication le 6 mai.