Dans les Vosges, les sapins meurent de soif : "Il va falloir trouver des solutions d’avenir rapidement"

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A Masevaux, au sud du Haut-Rhin, la forêt souffre du manque d’eau consécutif notamment à la canicule de juin. De nombreux sapins meurent prématurément, contraignant les autorités à trouver des solutions d’avenir.
REPORTAGE

Si la canicule de juin ne semble plus être qu'un mauvais souvenir, ses conséquences sont pourtant encore bel et bien présentes, notamment la sécheresse. Des mesures de restrictions d’eau ont été prises dans 55 départements, et par endroits, la nature souffre. C’est le cas dans les Vosges, où de nombreux sapins de la forêt de Masevaux, au sud du Haut-Rhin, meurent sur pied.

"Des arbres qui sont traversé deux siècles"

Le massif forestier a carrément changé de couleur. Les sapins ne sont plus verts mais rouges vifs. Les feuilles sèchent, les écorces tombent à terre, et ça craquelle même sous les pieds des marcheurs. En seulement six mois, près de 10% des arbres sont morts de soif, selon Cédric Ficht, directeur de l'agence de Mulhouse de l'Office national des forêts (ONF).

"Là c’est un sapin assez jeune, qui doit avoir un cinquantaine d’années", explique l’homme à côté d’un arbre moribond. "Il faut savoir que le dépérissement touche toutes les classes d’âges. Et donc les peuplements adultes, qui chez nous font à peu près 150-200 ans, en sapin, sont très touchés aussi. Des arbres qui ont traversé deux siècles d’intempéries, de sécheresse et d’autres, n’ont pas survécu aux conditions des deux dernières années", déplore-t-il.

"On ne va pas aller jusqu’à l’olivier..."

Au-delà de la perte économique,  ces 100.000 mètres cubes de sapins morts - de quoi remplir 40 piscines olympiques - sont surtout une inquiétude environnementale. Pour le maire de la commune, Laurent Lerch, le réchauffement climatique est indéniable. Il va falloir trouver des solutions d’avenir rapidement, quitte à changer la composition de la forêt. "Aujourd’hui, on parle d’essences qui existent en dessous de Lyon, on parle de cèdres. Bon, on ne va pas aller jusqu’à l’olivier", explique l’édile.  "Mais des cèdres ou des choses comme ça, qui pourraient mieux résister à ces conditions climatiques, oui."

Des tests sont déjà en cours dans la Meuse voisine, avec des hêtres d’Aix-en-Provence, plus résistants la sécheresse.

Europe 1
Par Charlotte Baechler, édité par R.D.