Sarah Halimi : pas de procès pour le meurtrier, son irresponsabilité pénale confirmée en cassation

, modifié à
  • A
  • A
La Cour de cassation s'est penchée ce mercredi sur l'affaire Halimi (photo d'illustration).
La Cour de cassation s'est penchée ce mercredi sur l'affaire Halimi (photo d'illustration). © THOMAS SAMSON / AFP
Partagez sur :
La Cour de cassation a confirmé mercredi l'irresponsabilité pénale du meurtrier de Sarah Halimi, une sexagénaire juive tuée en 2017 à Paris, entérinant ainsi l'absence de procès pour le jeune homme.

La Cour de cassation a confirmé mercredi l'irresponsabilité pénale du meurtrier de Sarah Halimi, une sexagénaire juive tuée en 2017 à Paris, entérinant ainsi l'absence de procès pour le jeune homme, hospitalisé en psychiatrie depuis ce crime qui a provoqué débat et émotion depuis quatre ans.

La plus haute juridiction de l'ordre judiciaire a rejeté le pourvoi formé par la famille de Sarah Halimi contre la décision rendue en 2019 par la cour d'appel de Paris, qui avait déclaré le jeune homme irresponsable pénalement sur la base de trois expertises selon lesquelles il avait commis les faits au cours d'une "bouffée délirante" sur fonds de forte consommation de cannabis.

"C'est un mauvais message passé aux citoyens français de conviction juive"

Les faits remontent au 4 avril 2017: Kobili Traoré, un musulman de 27 ans, fait irruption chez sa voisine juive de 65 ans, Lucie Attal, aussi appelée Sarah Halimi. Il la roue de coups aux cris de "Allah Akbar" et en récitant des versets du Coran, avant de la jeter par-dessus le balcon de leur HLM de Belleville, dans l'est de Paris. L'affaire avait relancé une vive polémique sur l'antisémitisme qui imprégnerait certains quartiers populaires. Et la décision de non-lieu en 2019 avait suscité à son tour un fort débat politique.

Les avocats du frère de Mme Halimi ont annoncé leur intention de saisir la Cour européenne des droits de l'Homme. "On peut aujourd'hui fumer, sniffer, se piquer à haute dose au point de provoquer à soi-même une bouffée délirante aiguë, qui a entraîné une abolition du discernement et l'on va bénéficier d'une irresponsabilité pénale", a dénoncé Me Oudy Bloch. Pour Me Muriel Ouaknine Melki, "C'est un mauvais message passé aux citoyens français de conviction juive."