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Meurtre de Thomas à Crépol : le déni du parquet de Valence à reconnaitre la circonstance aggravante de racisme

Le palais de Justice de Valence. [JEFF PACHOUD / AFP]

Malgré les témoignages des témoins et des victimes, le parquet de Valence n'avait pas validé la circonstance aggravante de racisme antiblanc et antifrançais dans l'affaire du meurtre de Thomas à Crépol. Pourtant, les magistrats avaient tous les éléments en leur possession.

Thomas a-t-il été tué, le 19 novembre 2023, parce qu'il était blanc et français ? La juge d'instruction a retenu la circonstance aggravante de racisme antiblanc et antifrançais dans l'enquête du drame de Crépol, deux ans et demi après les faits, et alors même que de nombreux témoignages étaient documentés dans la procédure.

Pourtant, début juin, dans son réquisitoire définitif qu'Europe 1 a consulté, le parquet de Valence n'a pas retenu la circonstance aggravante de racisme.

Des suspects qui s'étaient concertés sur une version des faits

Les témoignages étaient toutefois là, bien établis. Les magistrats eux-mêmes ont rapporté les préoccupations de la cellule de soutien mise en place après le drame, au sein de laquelle les parents évoquaient la haine raciale, voire même un acte terroriste, du type Bataclan.

Plusieurs victimes et témoins ont évoqué un même agresseur, couteau à la main, tenir des propos ouvertement racistes. "De toutes façons, on est ici pour tuer les blancs", aurait-il ainsi crié. Un autre a également entendu : "on va vous crever les petits blancs", ou encore "sales gwers", expression nord-africaine pour désigner les Occidentaux non-musulmans.

Par la suite, la bagarre a commencé, entraînant les conséquences que l'on connaît et la mort de Thomas Perotto, poignardé au cœur et à la gorge.

Lors de leurs auditions, les suspects ont tous nié avoir tenu ce type de propos. Le parquet leur a ainsi donné crédit, alors même qu'il a reconnu que la manifestation de la vérité avait été rendue compliquée, notamment parce que les mis en cause s'étaient concertés et arrangés sur une version. Et ce, avant le début des gardes à vue.

Le mois dernier, le parquet de Valence a requis le renvoi de 11 personnes pour l'homicide du jeune garçon.