Saint-Etienne : un ex-prêtre condamné à six mois de prison ferme pour agressions sexuelles sur mineur

, modifié à
  • A
  • A
Un ex-prêtre a été condamné à de la prison ferme pour des agressions sexuelles sur mineur.
Un ex-prêtre a été condamné à de la prison ferme pour des agressions sexuelles sur mineur. © CLAUDIO REYES / AFP
Partagez sur :
Un ex-prêtre, qui a officié dans un lycée de la Loire, a été condamné à 18 mois de prison dont six mois ferme pour des agressions sexuelles sur mineur.

 

Un ancien prêtre de 85 ans a été condamné vendredi par le tribunal correctionnel de Saint-Étienne à 18 mois de prison, dont six mois ferme, pour des agressions sexuelles sur un mineur dans les années 1990.

Régis Peyrard, ancien aumônier d'un lycée de Montbrison, dans la Loire, est suspecté d'avoir profité de sa fonction d'organisateur de camps de vacances d'été à Peisey-Nancroix, en Savoie, pendant de nombreuses années, pour abuser de jeunes garçons.

L'ex-prêtre, qui n'était pas présent à l'audience vendredi, était poursuivi dans cette affaire par un chef d'entreprise de la région stéphanoise de 38 ans, principalement pour des attouchements subis quand il avait 11 et 12 ans. Ses plaintes déposées en 2000 et 2001 avaient été classées sans suite, avant d'être déposées à nouveau et retenues, à la lumière d'éléments nouveaux en 2017.

"Il n'ira pas en prison, c'est trop tard". Le parquet de Saint-Étienne, qui estime à plusieurs dizaines le nombre des victimes de Régis Peyrard, avait requis au procès, le 20 novembre, une peine de trois ans de prison, dont la moitié avec sursis. "Un rempart vient de s'effondrer, la soutane ne protégera plus Régis Peyrard, mais il n'ira pas en prison, c'est trop tard", a regretté après le verdict l'avocat de la victime Me Jean Sannier, anticipant un aménagement de peine pour l'ancien religieux. "En France, on peut abuser de dizaines d'enfants et ne pas aller en prison. Moi qui ai enseigné pendant 40 ans dans l'enseignement catholique, si j'en avais fait le centième, je serais allé en prison. Les faits ont été démontrés, il a avoué", a également déploré Jean-François Roche, une des nombreuses victimes présumées de Régis Peyrard.

Des faits prescrits. L'avocat de l'accusé, Me Éric Fumat, ne s'est pas exprimé devant la presse à la sortie du tribunal. Au début des années 2000, l'ancien prêtre avait avoué à sa hiérarchie avoir commis des abus sexuels sur des mineurs entre les années 1980 et 1990. Mais les dizaines de plaintes et signalements transmis à l'Église et à la justice n'avaient pu jusqu'ici déboucher sur des poursuites, car les faits étaient prescrits. "Il faut que le mot prescription puisse un jour disparaître" pour les crimes visant les enfants, a exhorté Me Sannier, dont le client était également absent de l'audience.

L'évêque du diocèse de Saint-Etienne, Mgr Sylvain Bataille, avait annoncé en juillet 2017 que le prêtre avait été "relevé de son ministère depuis 2000, parallèlement au signalement à la justice" d'agressions sexuelles de mineurs. Lui qui annonçait en avril avoir saisi la Congrégation pour la doctrine de la foi à Rome, pour statuer de façon définitive sur son cas, a finalement obtenu cet été de l'octogénaire qu'il renonce lui-même à sa qualité de religieux. Le tribunal a ordonné qu'il soit inscrit au fichier des auteurs d'infractions sexuelles.