Saint-Etienne : des victimes d'un ex-prêtre poursuivi pour pédophilie s'invitent à la messe

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église cathédrale Saint-Charles de Saint-Etienne 1280
L'une des victimes est montée en chaire pour s'adresser aux 300 fidèles présents à la messe dimanche. © CHARLY TRIBALLEAU / POOL / AFP
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Ces trois quinquagénaires ont également été entendus comme témoins lors du procès de Régis Peyrard, les faits qu'ils dénoncent étant cependant prescrits.

Des victimes d'agressions sexuelles de l'ex-prêtre Régis Peyrard, tenant des silhouettes blanches d'enfant, ont pris la parole dimanche durant la messe célébrée à la cathédrale Saint-Charles de Saint-Etienne. Cinq jours plus tôt, ces trois hommes avaient brandi ces mêmes silhouettes, symbole d'enfants abusés, sur les marches du tribunal correctionnel de Saint-Etienne, qui jugeait l'octogénaire pour agressions sexuelles sur mineurs.

Le silence de l'Eglise. Lors du procès, les quinquagénaires avaient pris la parole en qualité de témoins, leurs cas étant prescrits. Désirant témoigner "directement auprès des fidèles", ils ont obtenu l'autorisation de prendre la parole au début de l'office auprès du recteur de la cathédrale, le père Bruno Martin. Le religieux, qui a reconnu que "pendant des années, des dossiers (de pédophilie dans l'Eglise, ndlr) son restés sous le coude", a estimé que leur intervention se faisait "dans un esprit de compassion et de compréhension pour leurs souffrances".

Un avertissement aux parents présents. L'une des victimes de l'ex-prêtre est montée en chaire pour s'adresser aux 300 fidèles présents à la messe dominicale, en forme de "droit de réponse à l'institution" que le père Peyrard représentait alors. Face aux nombreux enfants présents aux premiers rangs de la cathédrale, venus préparer leur première communion, l'homme a mis en garde leurs parents contre "ces mains qui détruisent". Dans l'homélie qui a suivi, un des prêtres a lancé à l'assemblée : "Prions pour les victimes des perversions".

 

"La vérité finit toujours par éclater". "Les hommes d'Eglise donnent parfois la fâcheuse impression de tourner autour du pot, de pratiquer la langue de bois. Jésus, lui, nous dit que la vérité finit toujours par éclater", a déclaré le recteur. Au terme de l'audience correctionnelle mardi, une peine de trois ans de prison, dont la moitié avec sursis, à été requise contre Régis Peyrard, âgé de 85 ans. Le jugement a été mis en délibéré au 21 décembre.