Pédocriminalité dans l'Eglise : onze résolutions "historiques" pour aider les victimes

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L'Eglise a adopté onze résolutions pour lutter contre la pédophilie dans l'Eglise. Photo d'illustration.
L'Eglise a adopté onze résolutions pour lutter contre la pédophilie dans l'Eglise. Photo d'illustration. © SEBASTIEN BOZON / AFP
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La Conférence des évêques de France a adopté un plan d’action coordonné avec onze résolutions portant sur la pédocriminalité dans l'Eglise et le soutien aux victimes. Olivier Savignac, président de l’association "Parler et revivre" et Vincent Neymon et porte-parole de la Conférence des évêques de France saluent une révolution.

Onze résolutions pour lutter contre les violences sexuelles sur mineurs. L’Église catholique entend déployer un plan d’action coordonné pour venir en aide aux victimes d'abus sexuels et pérenniser ces avancées. Cette décision historique de la part de l'Eglise est saluée par Olivier Savignac, président de l’association "Parler et revivre" et victime d'abus et Vincent Neymon, secrétaire général adjoint et porte-parole de la Conférence des évêques de France. Tout deux estiment sur Europe 1 que c'est un premier jalon important mais qui doit être poursuivi. 

"La première pierre d'un processus"

"C'est la première pierre de ce processus de réparation à l'égard des victimes. C'est fondamental, historique" estime ainsi Olivier Savignac. Le président de l'association "Parler et revivre" estime qu'il "y a quelques mois nous n'en étions pas là. Il faut saluer ces avancées", estime-t-il.

Un point de vue sur lequel le rejoint Vincent Neymon. "Ce sont les fondations de quelque chose qui doit maintenant être construit dans les différentes résolutions", explique le secrétaire général adjoint et porte-parole de la Conférence des évêques de France. Il considère ainsi que "c'est la fin d'une première phase et le début d'une autre". 

"Assurer que ça ne se reproduise pas"

La prochaine étape, sans doute aussi cruciale, est la pérennisation de ces avancées. "On a beaucoup entendu de la part des victimes : 'Nous on est victimes mais il ne faut pas qu'il y en ait d'autres, mettons en place quelque chose qui fait que cette maison devienne plus sure'", rapporte Vincent Neymon.

Un sentiment que partage Olivier Salignac. "Le défi pour l'Eglise c'est de pouvoir assurer que ça ne se reproduise pas". Selon lui, cela signifie "aussi s'ouvrir vers l'extérieur parce que, ce qui a été mortifère, jusqu'à présent, c'est l'entre soi".

Une contribution financière, mais financée par qui ?

L'une des résolutions les plus importantes est la contribution financière devant être versée aux victimes. Un fonds de dotation de 5 millions d'euros a été annoncé. L'objectif, comme le rappelle Vincent Neymon, est d'apporter "un secours financier" pour aider les personne à financer "diverses aides" comme une thérapie par exemple. Le secrétaire général adjoint et porte-parole de la Conférence des évêques de France précise savoir que "l'argent ne réparera pas à la souffrance des personnes". 

Les deux hommes sont toutefois en désaccord sur la source qui doit permettre de financer cette contribution. Pour la Conférence des évêques cela passe par un appel au fidèles. Pour Olivier Savignac, "les fidèles peuvent contribuer, mais ça ne doit pas être la source principale". "Je crois que l'effort de guerre serait que ce fonds soit ponctionné sur les ressources des diocèses. Ce serait une juste reconnaissance de responsabilité." 

Plusieurs instances salutaires

Parmi les autres résolutions adoptées Olivier Salignac salue "une création importante, celle d'une cellule d'écoute nationalisée sous l'égide de France victimes" qui permet de "laisser tomber les cellules diocésaines où on trouve des personnels qui ne sont pas toujours formés à l'écoute". Un avis que ne partage pas Vincent Neymon qui voit dans ces cellules diocésaines "des points d'appui pour sensibiliser dans toute l'Eglise et par-delà" sur ces sujets.

Un Conseil pour la prévention et la lutte contre la pédophilie va également voir le jour. Il aura pour objectif "de veiller à l'ensemble des travaux qu'il faut engager" et marque la "volonté de l'Eglise" d'intégrer dans ses structures la "vigilance et la prévention", estime Vincent Neymon.

Europe 1
Par Guilhem Dedoyard