Pédophilie : la "contribution" proposée par l'Eglise est "un scandale", juge une victime

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L'Eglise va se doter d'un fonds, alimenté par les dons, pour verser une "contribution financière" aux victimes de crimes pédophiles. 1:08
L'Eglise va se doter d'un fonds, alimenté par les dons, pour verser une "contribution financière" aux victimes de crimes pédophiles. © SEBASTIEN BOZON / AFP
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Au micro d'Europe 1 samedi, Pierre-Emmanuel Germain-Thill, l'une des victimes du père Preynat, a estimé que "la compensation financière" à l'attention des victimes de crimes pédophiles au sein de l'Eglise catholique est une manière pour l'institution de se défausser de sa responsabilité. 
INTERVIEW

Les évêques de France, réunis toute la semaine en assemblée, se sont prononcés vendredi pour le versement aux victimes de crimes pédophiles au sein de l'Eglise catholique d'une "contribution financière" dont le montant sera "forfaitaire". Si cette mesure était réclamée par de nombreuses associations, elle est loin de satisfaire les victimes qui estiment que les conditions de mise en place de ce fonds permettent à l'institution de se dérober à ses responsabilités. "Je crois que l'Eglise n'a absolument pas pris la mesure de quoi que ce soit", s'est agacé samedi, au micro d'Europe 1, Pierre-Emmanuel Germain-Thill, l'une des victimes du père Preynat.

"L'Eglise joue avec les mots"

Cette contribution financière "n'est pas une indemnisation ni une réparation", a précisé Mgr Eric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France, lors d'un point presse en clôture de cette assemblée plénière. Le fonds de dotation sera financé par un appel aux dons spécifique, différencié des autres collectes comme le denier du culte. "On va demander aux fidèles de payer pour les erreurs de l'Eglise, c'est une plaisanterie", relève Pierre-Emmanuel Germain-Thill.

"L'Eglise joue avec les mots. Les mots ont un sens et ces gens-là savent très bien les utiliser et faire de la communication. Une indemnisation signifie qu'on indemnise quelqu'un parce qu'on a fauté. Là, en l'occurrence, ne pas utiliser le mot 'indemnisation' revient à estimer qu'il n'y pas de faute", pointe encore Pierre-Emmanuel Germain-Thill. "C'est un scandale !"

Une journée de prière pour les victimes

Une instance indépendante sera chargée d'examiner les demandes, indiquent encore les évêques de France. Outre cette "contribution financière", les prélats ont également validé le principe d'une "journée de prière" annuelle à la mémoire des victimes, réclamée par le Vatican.

Europe 1
Par Laura Taouchanov, édité par Romain David