Rejet de béton dans la Seine : Vinci Construction évoque un "écoulement involontaire"

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Le groupe Vinci Construction a reconnu avoir déversé des résidus de béton dans la Seine à Nanterre et évoque un "écoulement involontaire", alors que l'association qui a déposé plainte contre lui estime que cela a été fait sciemment.

Une plainte a été déposée contre le groupe Vinci Construction, en charge de l'immense chantier du RER Eole-La Défense, pour avoir déversé dans la Seine des résidus de béton à Nanterre, dans les Hauts-de-Seine, comme Europe 1 le révélait mercredi. Des faits que le géant du BTP a reconnus mercredi.

Un "incident anomal et exceptionnel" aux graves conséquences pour l'environnement

Pour Vinci Construction, il s'agit d'un "incident anormal et exceptionnel". Le groupe assure avoir tout fait pour stopper cet écoulement et nettoyer la zone. Sur place, l'écoulement a bien cessé, mais la végétation reste grillée sous le ciment. Quant au fond de la Seine, il y a bien des mètres cubes de caillou, sable et résidus de béton accumulés depuis plusieurs mois, selon les garde-pêche. À cet endroit, il reste 15 à 30 centimètres d'eau, contre un à deux mètres de fond en temps normal.

Selon les informations d'Europe 1, dans cette usine à béton, le système qui recycle les eaux de nettoyage des camions-toupie était plein, hors service. C'est ce qu'a expliqué le responsable par intérim du site à la police. Pour faire face à cette situation, une immense fosse a été creusée à même le sol pour recueillir cette eau chargée de résidus de ciment.

Une fosse pleine à ras-bord et dont le grillage a été écarté pour faciliter l'écoulement de cette laitance de béton jusqu'à la Seine. Selon Sandrine Armirail, directrice de la maison de la pêche et de la nature et présidente de l'AAPPMA 92, l'évacuation des eaux polluées repérée en mars dernier a commencé "en 2018".

Une plainte déposée pour "abandon de déchet, rejet en eau douce de substance nuisible au poisson"

Vinci Construction évoque un "écoulement involontaire". Une explication irrecevable, selon les garde-pêche pour qui cela a été fait sciemment. C'est pourquoi l'Association agréée de pêche et de protection du milieu aquatique (AAPPMA) a déposé plainte pour "abandon de déchet, rejet en eau douce de substance nuisible au poisson et destruction de frayère".

La procédure est désormais entre les mains du parquet de Nanterre. Vinci Construction, qui a lancé une enquête interne, évoque des sanctions si des responsabilités individuelles venaient à être établies. La présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse (LR), s'est de son côté dite "scandalisée". "Je demande au groupe Vinci que toute la clarté soit faite dans cette affaire et des sanctions exemplaires (soient prises) contre ces pollutions sauvages !", a-t-elle twitté.

Europe 1
Par Guillaume Biet, édité par Marthe Ronteix