Règlements de comptes à Toulouse : non-lieu dans une affaire de meurtre

  • A
  • A
Tribunal de Toulouse, cours d'appel de Toulouse, crédit : capture d'écran Google Street View - 1280
La cour d'appel de Toulouse a rendu un non-lieu © capture d'écran Google Street View
Partagez sur :
La cour d'appel de Toulouse a rendu un non-lieu vendredi dans l'affaire du meurtre d'un jeune homme de 25 ans devant une pizzeria du quartier des Izards dans le cadre d'une série de règlements de compte.

La cour d'appel de Toulouse a rendu un non-lieu dans l'affaire du meurtre d'un jeune homme en janvier 2014 près du quartier des Izards, en proie alors à une série de règlements de comptes, a indiqué vendredi une source judiciaire.

Un aveu d'échec de la justice, selon la famille de la victime. "Cette ordonnance de non-lieu est emblématique de l'échec absolument total de la justice dans tous les règlements de compte [de l'époque] entre bandes rivales sur fond de trafic de drogue", a fustigé Stella Bisseuil, l'avocate de la famille de Miloud Nemar, assassiné le 21 janvier 2014 dans une pizzeria du nord de Toulouse.

Rejet de la demande de réouverture de l'instruction. Dans son ordonnance, rendue jeudi qui confirme le non-lieu de la chambre de l'instruction de février 2018, la cour d'appel a rejeté la demande de réouverture de l'instruction formée par la famille. Miloud Nemar, 25 ans, qui n'était pas "directement lié" à cette lutte de clans, avait été "abattu" de "très près", lors d'une scène ressemblant à une expédition punitive, selon le procureur de l'époque, Michel Valet. Au total, les assaillants avaient "arrosé" l'établissement d'une quinzaine de coups de feu avec deux armes distinctes, un fusil et une arme de poing.

Un prochain pourvoi en cassation ? Sur une dizaine d'assassinats au total, entre décembre 2013 et janvier 2014, "aucun des commanditaires n'a été jugé, et l'impunité reste la règle, y compris pour des crimes de sang", a déclaré l'avocate, qui envisage un pourvoi en cassation et une lettre ouverte à la ministre de la Justice. La sœur de la victime "considère qu'il y a un double abandon des quartiers, social et judiciaire", a ajouté Me Bisseuil.

Une série de règlements de compte. Lors de son appel, Me Bisseuil avait demandé "qu'on aille inquiéter les commanditaires, les chefs de bande qui ne touchent pas directement les armes, car on ne retrouve pas les exécuteurs". La pizzeria "Le Milano", où Miloud Nemar a été tué, sans doute "pris pour un autre", selon Me Bisseuil, était au cœur des investigations sur une série de règlements de comptes entre bandes rivales désireuses de mettre la main sur les divers trafics des Izards, dont celui de la drogue.