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Lucie de Perthuis, édité par Gauthier Delomez avec AFP
Plusieurs milliers de manifestants sont allés crier leur colère contre la réforme des retraites ce samedi à Vire, dans le Calvados, sur les terres électives de la Première ministre Élisabeth Borne. Une manifestation qui s'est déroulée dans le calme, alors que de nombreux commerçants avaient décidé de fermer leur boutique.

La réforme des retraites continue de mobiliser dans la rue. Particularité ce samedi, entre 3.100 manifestants selon la préfecture du Calvados et 6.000 selon les syndicats se sont rassemblés à Vire, où Élisabeth Borne avait été élue députée, pour protester contre le projet de loi adopté au Parlement. "On ne peut pas mettre en pause le texte", avait indiqué préalablement la Première ministre, à quelques jours de recevoir l'intersyndicale le mercredi 5 avril, veille de la 11e journée de mobilisation. Des paroles qui ont donc convaincu des centaines de personnes à exprimer leur opposition à la réforme, dans le calme.

 

Un calme au plus grand bonheur des commerçants de la commune de 10.500 habitants, comme Alexandre, derrière la vitrine de son magasin de jeux. "Pour l'instant, tout se passe bien, tout est dans la bonne ambiance. Il n'y a pas eu de débordements jusque-là. Tout a l'air d'aller pour le mieux pour le moment", tient-il à assurer auprès d'Europe 1, soulignant que la mobilisation a rassemblé moins de monde que prévu.

Des commerces barricadés

Alexandre est l'un des seuls à avoir tenu ouvert son magasin dans le centre-ville ce samedi. Beaucoup sont fermés, voire barricadés. "Il y a eu un peu une politique de peur, beaucoup se sont barricadés, ils ont eu vraiment peur pour leur commerce", rapporte-t-il, revenant sur les prévisions redoutées : "On annonçait 40.000 personnes, des casseurs qui venaient de partout, et finalement, c'est plutôt la bonne ambiance".

"Exprimer notre colère" : entre 3.100 et 6.000 manifestants à Vire

"Pas de retraite à 64 ans, ni pour nous, ni pour nos enfants": derrière la banderole de tête, au moins 6.000 personnes, selon les syndicats, et 3.100 selon la préfecture, ont défilé dans le calme samedi à Vire, sous la pluie et le vent, pour dénoncer la réforme des retraites. "On veut venir exprimer notre colère (...) C'est plus possible les 49.3 à répétition. On n'est plus en démocratie", considère Anthony Mosconi, 34 ans. Non syndiqué, cet employé d'un supermarché est venu depuis Flers dans l'Orne, à une trentaine de kilomètres, avec sa compagne et ses deux enfants de 3 et 4 ans.

Les mobilisations ont toujours, malgré tout, un impact sur l'activité des commerces. C'est le cas pour celui de Michel, qui a dû baisser le rideau de son magasin de chaussures ce samedi après-midi. "Ce (samedi) matin, je suis resté ouvert mais personne n'est rentré. Tout le mois de mars, à cause des manifestations, on a régulièrement fait -27% de chiffres d'affaires", estime ce commerçant. En termes d'affluence, la mobilisation de ce samedi est un record pour cette petite ville.