Procès du Mediator : "J’attends que justice soit faite, et avec une peine assez lourde pour plus que ça n'arrive"

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Au micro de Matthieu Belliard, sur Europe 1, Gaétan Regnard, victime du Mediator, raconte son quotidien, marqué par la maladie, après avoir pris ce médicament pendant cinq ans.
INTERVIEW

Le procès du Mediator, l'un des plus grands scandales sanitaires en France, s’ouvre lundi après-midi. Le médicament des laboratoires Servier, prescrit dans le traitement du diabète de type 2, est tenu pour responsable de centaines de morts, voire de milliers. Gaétan Regnard, 65 ans, a pris ce cachet pendant cinq ans, avant que la médecine du travail ne lui découvre un souffle au cœur, obligeant au remplacement de sa valve aortique.

"J’attends que justice soit faite, contre les laboratoires Servier, et avec une peine assez lourde pour plus que ça n'arrive", lâche-t-il au micro de Matthieu Belliard. "Je m’attends à ce que les laboratoires fassent appel du jugement s’il est en notre faveur. Ils ne vont pas payer comme ça des indemnités", estime toutefois cet ancien employé d’abattoir alors que les laboratoire Servier ont déjà dénoncé une enquête à charge.

Le laboratoire réclame notamment une prise en charge partielle par l'Etat des sommes qu'il doit verser aux victimes."Nous sommes responsables civilement. Mais lors du procès pénal, nous démontrerons que nous n'avons pas trompé", a déclaré le président du groupe dans les colonnes du Journal du Dimanche.

"La justice aurait dû être plus rapide"

Pour sa part, Gaétan Regnard, regrette que ce procès se tiennent cinq ans après la mort de Jacques Servier, le fondateur des laboratoires. "La justice aurait dû être plus rapide. Jacques Servier savait que le Mediator était un poison. Il a quand même continué. Et même après l’interdiction de commercialiser, il a fallu presqu’un an pour arrêter les ventes", s’agace-t-il.

Aujourd’hui, la vie de ce grand-père n’est plus la même, marqué au faire rouge par les séquelles médicales. Gaétan Regnard devra suivre un traitement et un régime particulier à vie. "Je n’ai pas le droit aux tomates, ni aux choux de Bruxelles. La nuit, quand je dors, il me faut deux oreillers sinon je ne respire pas correctement. Marcher est très difficile, je suis toujours essoufflé", explique-t-il. "Le docteur me dit qu’il faut marcher 5 à 6 kilomètres par jour. Je les faisais au début, mais maintenant, au bout de 3 kilomètres je m’arrête pour reprendre mon souffle." "On ne peut pas jouir des petits-enfants comme on voudrait. Il y a des activités que je ne peux plus faire : du toboggan, des manèges à sensation… ", déplore-t-il.

Europe 1
Par Romain David